Afrique du Sud: l’ANC pressé de trancher le sort du président Zuma

  Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), se réunit lundi pour tenter de trancher la question du départ anticipé du très controversé président Jacob Zuma, de plus en plus urgente à trois jours de son discours sur l'état de l'union devant le Parlement. Le second mandat de Jacob Zuma, au pouvoir depuis 2009, n'expire qu'en 2019 mais la pression n'a jamais été aussi forte pour qu'il l'abrège, tant dans l'opposition que dans son parti. Le temps presse pour l'ANC, qui veut éviter la débâcle aux élections générales de 2019 en renouant avec tous ceux qui lui ont tourné le dos ces dernières années, écœurés par les multiples affaires de corruption dont est accusé le chef de l'État. M. Zuma doit s'adresser jeudi devant le Parlement pour son discours annuel sur l'état de la nation, où il doit détailler le programme de son gouvernement pour l'année à venir. Mais les partisans du nouveau chef de l'ANC, Cyril Ramaphosa, élu en décembre sur la promesse de lutter contre la corruption, font tout pour l'en empêcher en obtenant d'ici là son départ. Les alliés du président estiment, eux, qu'il doit terminer son mandat. Dans ce contexte tendu, l'une des instances dirigeantes de l'ANC, le Comité de travail, composé de 26 membres, a été convoqué en urgence lundi après-midi pour débattre du sort du président. Cette réunion "a lieu (...) pour discuter de la situation", a confirmé à l'AFP un haut responsable du parti. Signe des profondes divisions qui agitent le parti de l'ex président Nelson Mandela, les pro et anti-Zuma ont été appelés lundi à manifester devant son siège à Johannesburg. Dimanche soir, l'exécutif de l'ANC s'était déplacé à la résidence officielle de M. Zuma à Pretoria pour, selon le numéro 3 du parti Gwede Mantashe, parler "de ce qui est dans le meilleur intérêt de l'ANC et du pays". L'ANC n'a pas communiqué sur l'issue de ces discussions. Mais selon Julius Malema, chef du parti de la gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF), un ancien de l'ANC très bien informé de ses débats internes, le président Zuma y "a refusé de démissionner". Il a estimé qu'il "n'avait rien fait de mal" qui justifierait son départ anticipé, a tweeté Julius Malema.  

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