Au temps du choléra…

Entre les crues et le choléra l’Algérien est comme téléporté vers le passé, en ces temps reculés, bien avant la découverte de l’hydrologie, de l’hydraulique urbaine et du génie civil. Avant même la découverte du bacille virgule, en 1854, par Pacini, et son traitement, en 1883 par Koch. Nos gouvernants s’entêtent à occulter leurs incompétences face à des maux et fléaux, terrassés par la science et le bon sens. Ils aiment s’écouter parler et veulent coûte que coûte être à la fenêtre et se voir marcher dans la rue. Cet autisme gouvernemental les empêche de reconnaître que le cholera est surtout dû à l’absence d’une bonne politique préventive et d’un plan de santé. Il les empêche aussi de reconnaître que les crues et les inondations sont dues aux affronts faits à Mère-nature, défiée inconsciemment par des constructions illicites, des planifications prises à la hâte mais surtout à la corruption qui gangrène le bon sens, fait fi de la science, de l’art de l’architecture et de l’urbanisme en privilégiant l’incompétence et les passe-droits. La Place San Marco, continue à trôner sur Venise défiant la mer de l’adriatique car sa construction a été bien pensée, il y a près de 15 siècles sans jamais s’effondrer. Notre pays tombe malade au moindre coup de chaleur et se noie à la moindre goutte de pluie ! Ce « rachitisme » serait dû selon les responsables « à la saleté et au manque d’hygiène de ses habitants qui ne se laveraient pas assez » et risquent du coup d’attraper toutes sortes de maladies. Oui mais avec quelle eau se laverait-on ? Des villes entières meurent de soif par manque d’eau et pénuries récurrentes. D’autres responsables justifient les inondations et les crues des oueds par des « constructions illicites » omettant de dire qui a donc permis à ces squatteurs de faire des entorses aux lois de la République ? Qui a omis de curer les oueds, de déboucher les égouts et dimensionner les buses d’évacuation ? Quinze siècles nous séparent de Venise et un siècle et demi du médecin Allemand, Robert Koch. A.B.

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