Banque mondiale : la pression de la rue retarde la réforme des subventions

La baisse des cours du brut risque de fortement impacter la croissance en Algérie et ce dès cette année. Dans son rapport semestriel sur les perspectives de la croissance économique mondiale, la Banque mondiale a certes relevé ses estimations de la croissance en Algérie pour 2015 et 2016, mais a apprécié mardi que l’évolution du PIB devrait s’afficher en baisse durant les trois prochaines années. Un déclin que l’Institution de Bretton Woods explique par la réduction des dépenses publiques d’investissements qui risquent de fortement impacter le secteur de travaux publics, ainsi que le « report de réforme fiscale et des subventions ». Ainsi, la croissance du Pib devrait s’afficher à 2,9% en 2017, à 2,6% en 2018 et à 2,8% en 2019, contre 3,6 % en 2016. Il est vrai que les institutions de Bretton Woods, Banque Mondiale et FMI, ont toujours préconisé d’orienter la dépense vers l’investissement plutôt qu’au fonctionnement (salaires et subventions). La BM a d’ailleurs réitéré ses positions dans le cadre des projections qu’elle établit pour les pays exportateurs de pétrole de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Elle préconise de réduire « les dépenses salariales élevées du secteur public qui devraient être affectées à l’investissement et à l’amélioration de la gouvernance ». Elle reconnaît cependant,  les difficultés et les risques qui pourraient être induits par une réforme des systèmes de subventions. Le bailleur de fonds international explique que "dans toute la région Mena, les profondes réformes à l’horizon pourraient déclencher le mécontentement parmi les populations qui dépendent du soutien du gouvernement pour certains produits et services". Et d’ajouter que ces réformes pourraient avoir "de possibles retombées négatives sur la confiance, l’investissement étranger et la croissance", d'où la nécessité de les appliquer progressivement. Autrement-dit, les risques de tensions sociales et la pression de la rue pourrait compromettre la mise en œuvre de réforme pourtant nécessaires pour la viabilité des finances publiques des pays de la région. Pour autant, la BM persiste et signe « la réduction des subventions opérée depuis 2014 par plusieurs pays  de la région représente une opportunité pour augmenter l’investissement public dans les infrastructures, la santé et l’éducation ».  

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