Boukrouh défie la Justice

  Noureddine Boukrouh jette un nouveau pavé dans la mare. Appréhendant « une cabale judiciaire » Noureddine Boukrouh met au défit l’indépendance de la Justice algérienne.  Dans une lettre adressée à notre rédaction, le fondateur du parti du renouveau algérien « accusé » d’atteinte à un symbole de l’Etat pour ses écrits incisifs à propos de l’état de sante du président de la République et sa capacité à gouverner, met au défi la Justice dans une nouvelle lettre adressée à notre rédaction (Lire l'intégralité de la lettre sur le lien suivant :Poursuites judiciaires : la réponse de Noureddine Boukrouh.). « Le tribunal qui aura à me juger devra établir si mes déclarations sont fondées ou non, si elles relèvent du jugement de valeur offensant ou, au contraire, d’un jugement de réalité qu’un citoyen, et a fortiori un homme politique, est en droit d’émettre quand elles ne sont pas dictées par des motivations personnelles, mais par l’intérêt général », plaide-t-il.  Boukrouh éprouve la capacité du tribunal à juger une telle affaire en se demandant « sur quelles bases le fera-t-il ? En s’en tenant au ouï-dire ? A ce qui se dit sur le « très bon état physique et mental » du chef de l’Etat ? Ce n’est pas une preuve matérielle ou testimoniale aux yeux du droit, mais juste une rumeur. Or le juge ne peut pas requérir la présence du plaignant, ni procéder à une confrontation entre les parties étant donné la qualité et l’état physique de la partie qui s’estime lésée. » Noureddine Boukrouh serait-il donc pris par une crise de paranoïa et crierait à la persécution ? Pas si sûr ! Cette phobie ne semble pas coller à l’homme, rompu aux arcanes. Lui qui semble bien informé doit jouir d’un réseau de connexion intéressant lui permettant d’etre au fait des moindres manœuvres et manigances du système pour y avoir été confronté par le passé. Suspectant l’ébranlement de la machine judiciaire contre sa personne, il révèle que «  la présidence de la République se préparait à (le) poursuivre en justice sur la base de l’article 144 bis du code pénal afférent à l’offense à la personne du chef de l’Etat. » Le rédacteur de la missive qui ne rate pas l’occasion de repondre à ses détracteurs en énumérant dans un ordre chronologique les ripostes du porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), M. Seddik Chiheb qui s’indignait sur la chaine d’Ennahar tv, le 13 septembre, que « la Justice, qui se met d’habitude en branle pour beaucoup moins que ça n’ait pas encore ouvert une procédure judiciaire pour atteinte à un symbole de l’Etat », suivi par une information donnée par un autre media électronique « Algerie1 » qui annonçait, le 16 septembre, que la présidence de la République « se préparait » à le poursuivre en justice « sur la base de l’article 144 bis du code pénal afférent à l’offense à la personne du chef de l’Etat ». Vint ensuite le tour du président de l’assemblée populaire nationale, M.Said Bouhadja qui l’aurait « fustigé », dimanche 17 septembre lors de son discours d’ouverture de la plénière du palais Zighoud Youcef. L’ex ministre du Commerce s’ « attends donc en toute logique à ce que d’un moment à l’autre tombe un communiqué du Parquet annonçant à l’opinion publique plus ou moins préparée par ces trois relais l’ouverture d’une procédure judiciaire contre (lui) dans le but de (le) faire taire et de casser l’initiative politique (qu’il a) lancée. » M. Boukrouh, et dans une lettre adressée à notre rédaction, dénonce ces supposées pratiques qu’il attribue à Saïd Bouteflika et à Ahmed Ouyahia révélant, pour preuve, écrit-il, que « seuls la présidence de la République et le premier ministère connaissent l’identité des ceux qui rédigent les discours du Président », les accusant d’être la gorge profonde « d’où partent ces ordres et ces « informations » obtenues par certains médias qu’il définit comme proche de la présidence. Car, s’interroge-t-il, « quel média, pour ne prendre qu’un exemple, connait l’identité des ceux qui rédigent les discours du Président ? Or l’un d’eux a donné les noms de deux conseillers justes pour nier que moi je lui en aurai écrit. Seul Saïd Bouteflika ou Ouyahia peut avoir divulgué ces noms. »  La démarche de Noureddine Boukrouh émane-t-elle d’une réelle appréhension de la menace qui pèse sur celui qui suscite un vent de panique au sommet, ou serait-ce coup de bluff mu par certaines ambitions comme semble le penser ses détracteurs ? seul l’avenir nous le dira.        

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