Ce que dit Louisa Hanoune au Président de la République

« (…) Monsieur le Président, vous venez de prendre des décisions historiques consacrant pleinement notre amazighité. Alors, pour ouvrir une issue positive à la crise grave qui risque d’emporter notre pays, convoquez des élections à une Assemblée nationale constituante (ANC), pour jeter les bases d’un véritable renouveau politique institutionnel à même de sauver l’État algérien et d’immuniser notre pays (…)» Ce sont là les termes de la lettre adressée, le 14 février 2018, au président de la République par le parti des travailleurs. Une messive qui fait office de pétition que la formation de Madame Hanoune compte faire signer par les Algériens. D’ailleurs, la campagne vient d’être lancée, ce samedi matin, à travers les 48 wilayas du pays et contenant la pétition en question. Cette campagne reste ouverte sur l'année, selon Youcef ramdane Taazibt, present à la grande poste d'Alger. Ce vœu qui n’est pas uniquement celui du PT, mais semble être partagé par une large frange d’Algériens a été clamé dès 1963 par le FFS. Le défunt Hocine Ait Ahmed n’a eu de cesse de proposer cette solution des décennies durant, exigeant le retour à la légitimité constitutionnelle par l'élection d'une Assemblée constituante. Le recours à cette forme d’institution transitoire est ainsi à même de niveler par le bas le socle institutionnel de l’Algérie qui ne jouit pas d'une large adhesion et souffre d'une profonde crise de reconnaissance. De l’avis de la classe politique et du citoyen lambda, le discrédit jeté sur les institutions de la République y compris les partis politiques ne cesse de se creuser au point de rompre avec la confiance populaire. La meilleure preuve attestant de cette défiance semble être l’abstentionnisme et les faibles taux de participation aux différents suffrages universels condamnant le manque de transparence des élections. Le non-respect des attributions des différentes institutions soumises parfois à des pressions et interférences, de la bureaucratie et autre népotisme menant jusqu’à l’installation d’un pouvoir informel sont les causes du discrédit dont la principale semble être le manque de légitimité. Louisa Hanoune qui demande à M. Abdelaziz Bouteflika de « donner la parole au peuple pour qu’il définisse lui –même la forme et le contenu des institutions dont il a besoin pour exercer sa pleine souveraineté », propose dans sa lettre une batterie de solutions dont les principales sont la liberté de la justice « pour faire cesser la prédation des fonds et biens publics et lutter contre la corruption, de façon effective » ainsi que d ‘ « assainir le secteur économique mafiotisé,et imposer un contrôle rigoureux sur sa gestion », de « lever toutes les restrictions sur les libertés » ainsi que la libération « des médias de toute forme d’harcèlement». Selon la SG du PT, l’Algérie qui fait face à une triple crise, politique, économique et sociale doit réagir pour préserver "sa paix et sa souveraineté".

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