Ce que Djamel Ould Abbes sait !

Djamel Ould Abbes serait donc dans le vrai ! Il serait même cette Sibylle par laquelle les oracles sont proférés. Le chef de file du vieux parti unique semble s’abreuver à bonne source. Après sa prédiction à propos de l'armée qui « ne choisira pas le futur président de la République lors des prochaines présidentielle 2019 », et son annonce à propos de la personne du  « prochain Président de l’Algérie », que seul le président Abdelaziz Bouteflika, lui-même et Dieu connaissent, c’est enfin sa dernière mise au point adressée au gouvernement d’Ahmed Ouyahia à propos des résultats de la tripartite Gouvernement-UGTA-FCE notamment en ce qui concerne la privatisation des entreprises publiques qui vient de se confirmer. Décidée lors de la dernière réunion de cette rencontre annuelle et prévue dans le cadre du partenariat Public-privés contenu dans la charte signée, le 23 décembre, entre le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, le SG de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd et le président du FCE, Ali Haddad, Ould Abbes met son pied dans le plat en martelant devant les cadres du parti que « le secteur public est stratégique » et qu’« il s’agit d’une ligne rouge qu’il ne faudra pas franchir ».  Le SG du FLN que préside Abdelaziz Bouteflika renie le pacte car pour lui « il n’y a pas de privatisation ni d’ouverture de capital des sociétés publiques. Nous sommes favorables à un partenariat avec les PME qui sont en difficultés financières mais pas avec les grandes sociétés ». La confirmation est vite donnée en ce début de semaine par le ministre de l’Industrie Yousef Yousfi qui était en visite de travail à Relizane. Ce dernier a assuré que « l’ouverture du capital des entreprises publiques relève des prérogatives du président de la République ». « Nous n’avons jamais procédé à l’ouverture de capital des entreprises sans qu’il y ait consultation au niveau du gouvernement (…) Le dernier mot revient au président de la République. Aucune ouverture de capital, aucune privatisation d’une entreprise nationale ne sera faite sans l’accord de Monsieur le président de la République, et ce sont ses prérogatives. » Youcef Yousfi affirme que le chef de l’État demande seulement aux membres du gouvernement de l’informer avant toute opération d’ouverture du capital des entreprises publiques. « Le président Bouteflika veut avoir un droit de regard sur l’ouverture du capital des PME publiques », souligne M. Yousfi, selon lequel le président Bouteflika met des « conditions rigoureuses » pour l’ouverture du capital des PME publiques. A priori, cela ressemble à un cafouillage au plus haut niveau des institutions, ce qui n’est pas totalement faux puisque démontrant le manque de cohésion au sein de la même équipe pour ne pas dire dénotant l’absence d’un chef suprême sensé harmoniser la démarche entre le gouvernement et la présidence. Cette cacophonie qui semble s’être emparée il y a quelques temps déjà des institutions de la République lors des prises de décisions devient grave. Il y a quelques mois Abdelmadjid Tebboune a fait les frais d’une telle confusion en se faisant limoger après deux mois à peine passés à la tête du premier ministère pour être suppléé par Ahmed qui vit lui-même le même dilemme et risque d’être expurgé. Ce dernier accoutumé à être sacrifié à chaque fois sur l’autel du populisme aurait commis, cette fois-ci, le péché suprême contre les convenances en s’attribuant des prétentions présidentielles pour 2019. Des velléités impardonnables si celles-ci ne répondent pas à un ordre de service commandé. Ould Abbes savait donc ce qu’Ouyahia ignorait ! S’agirait-il donc d’une question de confiance ?  

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