CLUBS DE FOOTBALL : L’HEURE DE VÉRITÉ !

Walid Bouamama   L’heure de vérité a-t-elle sonné pour les clubs professionnels en Algérie ? On est tenté de le croire, d’autant que ces entités, longtemps maintenues sous perfusion, vivotant aux seules subventions de l’État, sont appelés désormais à prendre leur destin en main. En effet, dans une conjoncture économique difficile et face à une crise de plus en plus ressentie, les clubs professionnels de football, transformés en sociétés par actions (SPA) à la faveur de l’instauration du professionnalisme en 2010, se trouvent aujourd’hui dos au mur et se voient dans l’obligation de se procurer leurs propres ressources financières. Faute de quoi, ils risquent tout bonnement de mettre la clé sous le paillasson. Pour ce faire, les pouvoirs publics avaient déjà pris les devants en encourageant les clubs professionnels à ouvrir leur capital, considéré comme le seul et unique moyen de sauver leur existence. Mieux encore, la Fédération algérienne de football (FAF) avait même menacé de prendre des sanctions à l’encontre des clubs professionnels qui refusent de faciliter la participation des investisseurs au capital de leur SPA. L’instance suprême du football algérien avait appelé, à l’issue de la dernière réunion de son bureau fédéral, les clubs professionnels à faciliter la participation des investisseurs au capital des SPA dans l’intérêt de la pérennité du club sous peine de sanction. A cet égard, la FAF a exhorté les conseils d’administration et assemblées générales des actionnaires des clubs professionnels à prendre une résolution d’ouverture du capital à tout investisseur, précisant qu’il s’agit là d’une « obligation ». Il leur a été même notifié qu’en cas de « blocages avérés », les sanctions seront sévèrement décrétées conformément aux cahiers des charges. Il faut rappeler que 32 clubs des deux ligues 1 et 2 ont bénéficié du statut de clubs professionnels en créant leurs sociétés sportives par actions, mais ils butent dans leur majorité à des problèmes financiers aigus. Seule l’USM Alger a vu l’arrivée d’un repreneur en la personne du patron de l’ETRHB, Ali Haddad. Quant au Mouloudia d’Alger, considéré comme le club le plus populaire en Algérie, c’est la compagnie pétrolière, Sonatrach, qui s’est approprié la majorité des actions du capital de ce club.  La même opération s’est faite avec le CS Constantine, le MC Oran et la JS Saoura par le biais des filiales du groupe pétrolier algérien, à savoir Naftal, Enafor et ENTP qui ont signé l’acte de cession de la majorité des actions du capital de ces clubs. Cependant, et en dépit de la crise financière aiguë à laquelle sont confrontés la quasi-totalité des clubs professionnels avec le désengagement progressif de l’Etat, les responsables de ces clubs ne sont pas pour autant prêts à se désister de leurs postes et, partant, de tous les privilèges qui en découlent. Au sein de plusieurs formations, les luttes internes sont déjà engagées et ont même, dans certains cas de figure, atteint leur paroxysme pour préserver les intérêts personnels des uns et des autres, alors que le club va à la dérive.  Ce sujet avait été d’ailleurs évoqué lors de la dernière réunion qui a regroupé le président de la FAF et les présidents de clubs professionnels. Mohamed Raouraoua en a profité pour rappeler l’obligation pour les sociétés sportives par actions d’ouvrir leur capital social. Mais sur le terrain, les choses se passent autrement. Car il s’agit d’une véritable cacophonie où rien n’est clair et tout se fait dans l’opacité la plus totale. Sinon, comment expliquer que les sommes réelles de ces transactions douteuses ne sont jamais communiquées à l’opinion publique.  Cela fait six ans que le professionnalisme a été instauré, mais la situation sur ce registre n’a pas évolué d’un iota. Pis encore, elle se dégrade au fil des années et risque de devenir intenable au train où évoluent les choses. Car, faut-il le reconnaître, hormis l’USMA qui était le premier club à ouvrir son capital permettant, toutes les autres formations pataugent encore dans le bricolage. Ils ne survivent d’ailleurs que grâce aux subventions de l’Etat, lesquelles sont initialement destinées aux clubs amateurs. Même au sein des trois clubs rachetés par Sonatrach ou leurs filiales, la situation n’est pas aussi reluisante et les trois clubs concernés, à savoir le MCA, le MCO et la JSS, ont maintes fois tiré la sonnette d’alarme. Dans la conjoncture économique délicate que traverse actuellement le pays, d’aucuns pensent qu’il sera encore difficile aux clubs professionnels de s’offrir des investisseurs, alors que les sponsors sont loin de se bousculer au portillon. À force d’avoir privilégié leurs intérêts personnels tout au long des six premières années du professionnalisme, les dirigeants des clubs professionnels ont fait rater à leurs clubs respectifs une chance inouïe d’opérer leur transition et de franchir un pas en avant sur la voie de la progression et du perfectionnement. W.B.

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