Conférence d’Ahmed Ouyahia : Qu’est-ce qui a motivé une telle communication ?

Serait ce en prévision de son passage devant les membres du parlement, le 22 avril, pour présenter la déclaration de politique générale de son gouvernement, qu’Ahmed Ouyahia a préféré anticiper en donnant, ce samedi, une conférence de presse ? Une sortie calculée vraisemblablement puisque Ouyahia est connu pour être un homme pragmatique ne tolérant guère le superflu. Mais, calculée par rapport à quoi ou à qui ? Est ce la crainte d’une motion de censure pouvant subvenir de l’Hémicycle et qui fera tomber son gouvernement comme ce fût le cas en 2006, ou est-ce par rapport à une échéance beaucoup plus importante ? Une quelconque candidature à la présidence de la République semble écartée par le premier ministre qui « approuverait la continuité » et « ne peut être que fier si le président de la République décidait de poursuivre » son oeuvre en briguant un 5eme mandat. D’ailleurs, ce bilan des réalisations durant les huit mois passés à la tête du gouvernement dont il a hérité à la suite du limogeage de Abdelmadjid Tebboun, n’est, en fait, qu’un chapitre des réalisations du président de la République. Le premier ministre Ahmed Ouyahia et chiffres à l’appui, a défendu le bilan de son gouvernement mettant en exergue les réalisations obtenues par les différents secteurs. De celui de l’Éducation et l’Enseignement supérieur, à l’Habitat ainsi que la Santé, Ouyahia a égrené les différents projets et acquisitions pour atténuer des méfaits des mouvements de grève et de frondes sociales vécues particulièrement par les départements de Nouria Benghebrit, de Hasbelaoui et de celui de Hadjar. Ouyahia a surtout tenu à démystifier les prédictions concernant la situation économique dont il a hérité et qui s’illustrait par la quasi faillite du Trésor Public, du gel total des projets, du risque d’inflation, de la difficulté des paiement des créances. En véritable « Red Adair », Ahmed Ouyahia, qui semblait jubiler en évoquant le challenge réussi et les défis relevés par son équipe qui aura réussi à redresser la situation en si peu de temps et relancer les investissements. Ahmed Ouyahia ne s'arroge guère ces "hauts faits" attribués à "la bonne gouvernance" du président de la République. Il annoncera "que vers la fin de l’année, le gouvernement va présenter le bilan de 2018 et le bilan du quatrième mandat et le bilan des vingt dernières années des réalisations” de Bouteflika et promet de « publier les bilans pour cultiver l’espoir dans ce pays et répondre aux détracteurs. Le bilan est nécessaire pour répondre à ceux qui demandent où sont passés les 1000 milliards de dollars », dira-t-il.

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