Corée du Nord : nouvelles sanctions drastiques en vue à l’ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU est sommé d'adopter lundi de nouvelles sanctions drastiques contre la Corée du Nord - incluant un embargo pétrolier "progressif" - à l'initiative de Washington qui a cependant dû composer avec Moscou et Pékin. Selon AFP, la position officielle de la Chine et de la Russie, dotées d'un droit de veto, sur un texte amendé et définitif diffusé dimanche soir par les Etats-Unis, n'est pas connue. Le vote se tiendra à 22H00 GMT lundi, a indiqué la présidence éthiopienne du Conseil de sécurité. Le premier projet de résolution américain, rendu public mercredi, était "maximal" sur "absolument tout" pour sanctionner le sixième essai nucléaire nord-coréen mené le 3 septembre, selon les termes d'un diplomate. Il prévoyait notamment un embargo total et immédiat sur le pétrole, les produits pétroliers et le gaz, le renvoi en Corée du Nord de ses expatriés (plus de 50.000, selon l'ONU), le gel des avoirs de Kim Jong-Un, l'interdiction d'importer du textile nord-coréen et des inspections au besoin par la force de navires en haute mer suspectés d'acheminer des cargaisons interdites par les résolutions de l'ONU. Après quatre jours de négociations ardues avec principalement la Chine et la Russie, deux soutiens de la Corée du Nord avec laquelle ces pays partagent une frontière, l'embargo pétrolier est devenu "progressif" et devrait dépendre des évolutions de la position nord-coréenne. L'embargo sur le gaz naturel est maintenu mais pour le pétrole les ventes seraient limitées à 500.000 barils pendant trois mois à partir du 1er octobre pour passer à 2 millions de barils à partir du 1er janvier pour une période de 12 mois, selon une copie du projet de résolution obtenue par l'AFP. Le gel des avoirs du dirigeant nord-coréen, dont Pékin et Moscou ne voulaient pas, est retiré du texte, tandis que l'interdiction concernant le textile a été approuvée par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ayant un droit de veto (outre les Etats-Unis, la Chine et la Russie, la France et la Grande-Bretagne). Les mesures concernant les expatriés nord-coréens et les inspections par la force de navires suspects sont moins sévères que dans le texte initial. Lors de la dernière résolution de sanctions, adoptée le 5 août, le nombre de travailleurs expatriés nord-coréens dans le monde avait été plafonné. La nouvelle résolution ajoute Pak Yong Sik, un des responsables du programme de missiles, sur une liste noire en même temps que trois autres agences nord-coréennes. A quelques heures de la mise au vote du projet de résolution américain, la Corée du Nord a exprimé haut et fort son opposition à ce qui constituerait un huitième train de sanctions internationales contre Pyongyang. Les résolutions de l'ONU ont été à chaque fois plus sévères. Elles visent à pousser la Corée du Nord à négocier ses programmes nucléaire et conventionnel, jugés menaçants pour la stabilité internationale. Lundi, la Corée du Nord a averti les Etats-Unis qu'elle leur infligerait "la plus grande des souffrances et des douleurs" s'ils persistaient à vouloir que l'ONU durcisse les sanctions à son encontre. Dans un communiqué reproduit par l'agence de presse officielle KCNA, le ministère des Affaires étrangères avertit que si Washington "met en place cette +résolution+ illégale sur un durcissement des sanctions, la Corée du Nord fera en sorte d'être absolument sûre que les Etats-Unis en payeront le prix". Le dernier train de sanctions internationales contre Pyongyang remonte au 5 août. Il faisait suite à deux tirs de missiles intercontinentaux nord-coréens. Il interdit les importations de charbon, de fer et de la pêche venant de Corée du Nord, et vise à priver ce pays d'un milliard de dollars de recettes par an.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *