Corruption : La justice sud-coréenne libère l’héritier de Samsung

  La justice sud-coréenne a confirmé lundi la condamnation pour corruption de l'héritier de l'empire Samsung, Lee Jae-Yong, mais a ramené en appel sa sanction à une peine d'emprisonnement avec sursis et ordonné sa libération immédiate. Vice-président de Samsung Electronics et fils du président du groupe Samsung, Lee Jae-Yong avait été condamné en août à cinq ans dans le retentissant scandale à tiroirs qui a entraîné la destitution et l'arrestation de l'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-Hye. Le groupe Samsung, dont le chiffre d'affaires équivaut à un cinquième du PIB sud-coréen, est de loin le plus gros des nombreux conglomérats -ou chaebols- qui dominent la onzième économie au monde. Son fleuron Samsung Electronics -premier fabricant de smartphones et de puces au monde- n'a pas semblé trop pénalisé par l'emprisonnement de son vice-président de 49 ans, publiant encore la semaine dernière un bénéfice net en hausse de 85% en 2017. Pour beaucoup d'experts, la décision de la cour d'appel s'inscrit dans une longue tradition de clémence de la justice à l'égard des dirigeants de Samsung. Lee Jae-Yong fut le premier haut dirigeant de Samsung à dormir derrière les barreaux, bien que son père et son grand-père ont également en leur temps été rattrapés par la justice. L'héritier et petit-fils du fondateur du groupe avait été reconnu coupable de plusieurs infractions, et notamment corruption, abus de bien sociaux ou encore parjure devant la réprésentation nationale. L'affaire tournait autour des paiements faits par Samsung à la confidente de l'ombre de Mme Park, Choi Soon-Sil, dont le parquet soutenait qu'ils visaient à acheter des faveurs politiques. Mais la cour d'appel a fait tomber plusieurs des infractions dont avait été reconnu coupable M. Lee, et commué la peine d'emprisonnement qui lui restait à purger en une peine de deux ans et demi de prison avec sursis. Les juges ont considéré que M. Lee avait été "contraint" de verser des pots-de-vin à Mme Park et qu'il n'y avait "aucune preuve" de ce qu'il aurait demandé des faveurs en retour. "Park Geun-Hye et Choi Soon-Sil devraient être considérés comme les principaux acteurs de ce scandale", selon l'arrêt lu par un juge. Lee Jae-Yong a quitté la salle d'audience en agitant les mains libérées des menottes qui l'entravaient à chaque apparition publique depuis son arrestation en février 2017, selon la télévision publique. Il est apparu souriant, mais visiblement amaigri avant d'être emmené à sa prison pour les formalités administratives de sa sortie.

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