Crise diplomatique avec le Qatar : vers la flambée des prix du pétrole et du gaz

L’aggravation de la crise diplomatique  autour du Qatar pourrait aiguiser l’appétit des grands consommateurs de  brut et de gaz et conduire à une flambée des cours sur les marchés, ont  prédit dimanche plusieurs analystes aux Etats-Unis. selon APS qui cite l'analyse du Wall Street Journal la rupture des relations entre le Qatar et ses voisins du  Golfe "n’a eu aucun impact immédiat sur l’appétit des grands consommateurs,  (pour l'instant), mais si les tensions s’aggravent les cours de pétrole pourraient augmenter  ce qui pourrait avoir une incidence sur les prix du gaz. Et d'ajouter que  " la réponse relativement calme  des marchés " à la décision des pays du Golfe de rompre leur relation avec  le Qatar " reflète le fait que ce pays n’est pas un important producteur de  pétrole ". Avec une production quotidienne de 618.000 barils par jour, le Qatar  représente environ 2% de la production de l’organisation des pays  exportateurs de pétrole. En revanche, ce petit Etat de la péninsule arabique joue un rôle vital sur  les marchés gaziers internationaux en tant que premier exportateur mondial  de gaz naturel liquéfié. En 2016, il a exporté 77,2 millions de tonnes de  GNL, soit l’équivalent d’un tiers de l’offre mondiale, selon l’Union  internationale du gaz. " Comme la plupart des contrats gaziers à long terme sont encore indexés  sur le pétrole, cela pourrait augmenter les prix du GNL contractés", a  déclaré Kelvin Li, analyste, spécialiste du gaz au groupe Lantau. Pour le Wall Street journal, bien que le Qatar ne soit pas un grand producteur de pétrole, le risque  que ce pays abandonne l’accord de réduction de production convenu entre les  membres de l’Opep pourrait provoquer un effet domino. "Si le Qatar se retire de l'accord de réduction de l'offre, d'autres  producteurs, déjà angoissés par la perte de leurs parts de marché, peuvent  suivre son exemple ", avance le Wall Street Journal. Les retombées de cette crise diplomatique pourrait "laisser peu de raisons  au Qatar de maintenir son quota de production ", relève Phin Ziebell,  l’économiste de National Australia Bank. La crise devrait pousser les prix à la hausse mais va " nuire à l’unité de  l’Opep ", estime, de son côté Monica Defend, responsable chez Pioneer  Investments en relevant dans un entretien accordé à Bloomberg que "les  impacts majeurs de cette crise seront cruciaux ". Mais pour l’analyste londonien, Abdulsamad Al-Awadhi, la crise  diplomatique ne va pas impacter l’entente au niveau de l’Opep qui a su  durant les années précédentes surmonter les différends politiques entre ses  membres. " Ce n'est pas la première fois que l'Opep connaisse un clivage politique  entre ses pays membres, et ce ne sera pas le dernier", a déclaré Al-Awadhi,  à l’Agence américaine Bloomberg.  

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