Droit de visite aux prisonniers sahraouis: Claude Mangin expulsée du Maroc pour la 4e fois

  La militante française de la cause sahraouie, Claude Mangin, a été empêchée de rendre visite à son mari Naâma Asfari, militant sahraoui détenu au Maroc, et expulsée pour la quatrième fois, a-t-on appris mardi. Le lundi 16 avril, pour la quatrième fois en moins de deux ans, Claude Mangin-Asfari a été refoulée du Maroc sans aucun motif ! Elle venait rendre visite à son mari Naâma Asfari, prisonnier politique sahraoui détenu depuis novembre 2010 et condamné à 30 ans de prison pour avoir défendu l’autodétermination du peuple sahraoui", a indiqué une source sahraouie à Paris. Claude Mangin, arrivée lundi à 15h00 à l'aéroport de Rabat, elle a été remise dans l'avion pour Paris le même jour, a-t-on précisé. Le secrétaire général de la Plateforme des associations françaises de solidarité avec le peuple sahraoui, Jean-Paul Lemarec a affirmé que ce refus d'entrée sur le territoire marocain constitue une "atteinte constante et grave" à son droit à une vie privée et familiale et au droit des prisonniers aux visites familiales. "C'est aussi une violation du droit international", a-t-il dénoncé,. A cet effet, un rassemblement est prévu au cours de l'après-midi de mardi à la place des Invalides à Paris non loin du ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères pour "exiger que Claude Mangin-Asfari puisse enfin entrer au Maroc pour rendre visite à son mari conformément au droit international" et la libération des prisonniers politiques sahraouis. Trois maires français de Vitry-sur-Seine, de Saint-Denis et d’Ivry-sur-Seine, ont appelé vendredi dernier les autorités françaises à intervenir auprès du Maroc pour assurer le droit de visite des prisonniers politiques sahraouis détenus dans ce pays. Les trois maires ont dénoncé "fermement" les atteintes "constantes et graves" au droit de Claude Mangin à une vie privée et familiale, "contraires au droit international et au droit des prisonniers aux visites familiales". "Nos autorités diplomatiques affirment déplorer la situation mais nous estimons que leurs démarches ne s'avèrent pas suffisantes", ont-ils estimé, demandant au gouvernement français d'agir "activement" pour "garantir le respect du droit international et des droits fondamentaux de ses concitoyens". Le Maroc, soutenu par la France, interdit depuis des mois des visites aux prisonniers sahraouis détenus dans ses prisons, ainsi que celles des militants des droits de l'Homme. En février dernier, deux avocates, Ingrid Metton et Olfa Ouled, du groupe des 24 militants sahraouis de Gdeim Iziz, détenus au Maroc depuis plus de sept ans, ont été interdites d'entrer au Maroc. Les deux avocates, du barreau de Paris, qui avaient défendu les militants sahraouis lors des audiences de leur procès en appel, entre janvier et mai 2017, à la Cour d’appel de Rabat-Salé, ont voulu rendre visite à leurs clients suite à des informations faisant état des mauvais traitements qu’ils auraient subis en prison, rappelle-t-on. Dix-neuf militants sahraouis, rappelle-t-on encore, ont été lourdement condamné le 19 juillet 2017, au terme de ce procès où les seules preuves présentées restent des aveux signés sous la contrainte. Les prisonniers politiques sahraouis ont été dispersés dans 7 prisons à travers le territoire marocain. APS

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