Elections locales : la classe politique sur les starting-blocs

Hanté par l’idée d’une abstention, le gouvernement met les bouchées doubles pour encourager les électeurs algériens à aller voter en masse le 23 novembre prochain pour élire leurs représentants locaux. Cependant, la tâche est ardue au vu du contexte social et économique que vit l’Algérien lambda, dépité et sceptique. Les scandales politico-financiers qui ont marqué l’été 2017 y sont pour beaucoup. Mais, ni le contexte de crise politique et économique, ni le désarroi de la population  ne semble décourager la classe politique qui s’apprête à prendre d’assaut les APC et APW.  Pas de moins de 5.000 dossiers de candidatures ont été retirés à ce jour. Qu’est ce qui les fait donc courir ? Ce n’est sûrement pas la situation de faillite de beaucoup de communes dont quelque 1200 sur les 1541 communes que compte le pays présentent un lourd déficit budgétaire. Ce n’est pas non plus, les avantages qu’offrent ces postes ou un peu plus de 1600 élus locaux sont poursuivis en Justice. Pourtant la course est effrénée et le combat est rude. Certains prétendants sont même prêts à monnayer leur candidature sur les listes communales ou wilayales.  Leurs formations, les partis politiques ne semblent pas non plus dérangés outre mesure par la situation et se précipitent pour prendre part aux prochaines joutes électorales. Les avantages, quelques privilèges, semblent motiver cette course qui permettra à certains de gagner le gros lot, celui des prochaines sénatoriales qui auront lieu en 2019. Après le MSP, qui entend participer aux élections locales pour « poursuivre la concrétisation du processus électoral démocratique », selon M. Abdelmadjid Menasra qui assure la présidence tournante, c’est au tour du Mouvement El Islah de miser sur une « participation effective » aux prochaines élections locales. Son président, M. Filali Ghouini, qui se dit  « soucieux de consacrer la souveraineté populaire et de prendre part efficacement à la consolidation de l'édifice institutionnel dans le pays » compte engager des candidats à travers la plupart des APC et APW. Le parti  TAJ, créé en 2012 par Amar Ghoul après avoir claqué la porte du MSP sera aussi de la partie. Cette formation adoubée par pouvoir et qui a obtenu 19 sièges à l’APN compte bien peser sur l’échiquier politique national en briguant les communes et les wilayas. La mouvance islamiste, grand perdant des élections locales de 2012 ou elle n’a pu obtenir qu’un maigre résultat à travers quelque communes (dix pour le MSP et dix autres pour l’Alliance de l’Algérie verte), compte rafler ainsi le maximum de sièges aux locales face aux partis au pouvoir, l’islamo-conservateur FLN qui a remporté la majorité des sièges pour le renouvellement des Assemblées populaires  communales de 2012 avec un taux de 28,89%, obtenant ainsi la majorité absolue dans 159 communes sur les 1451communes du pays et 685 sièges aux Assemblées populaires de wilayas. Le RND compte bien s’attaquer aux 48 APW et leurs 1 541 communes.  Cette dernière formation qui s’est illustrée par l’obtention de 100 sièges de députation en 2017 compte fructifier cette position et améliorer son score par rapport aux élections locales de 2012 au cours desquelles, il a remporté la majorité dans 132 communes et 487 sièges à l’APW.

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