Espagne : l’ex-directeur du FMI Rato définitivement condamné à 4 ans et demi de prison

L'ancien directeur du FMI Rodrigo Rato a été définitivement condamné en Espagne à quatre ans et demi de prison pour détournements de fonds dans des banques qu'il présidait, a annoncé mercredi la Cour suprême. Condamné une première fois en février 2017 pour ces détournement au sein de Caja Madrid et Bankia qu'il présida de 2010 à 2012, Rodrigo Rato, 69 ans, ne devrait pas échapper à la prison après ce jugement en dernière instance. Rodrigo Rato, ancien homme fort de la droite espagnole, était devenu après la révélation de plusieurs affaires l'impliquant l'une des personnalités les plus honnies d'une Espagne en pleine crise. Vice-président et ministre de l'Économie du gouvernement conservateur de José Maria Aznar (1996-2004), il avait ensuite dirigé le FMI jusqu'en 2007 avant de poursuivre sa carrière dans le secteur bancaire. Dans l'affaire, baptisée "cartes black", qui devrait l'amener derrière les barreaux, Rato était jugé avec d'autres dirigeants de Caja Madrid et Bankia pour avoir bénéficié d'un système de cartes bancaires occultes grâce auxquelles ils se servaient à leur guise de l'argent de la banque pour leurs frais personnels. Les frais acquittés mêlaient pleins d'essence, courses au supermarché, coûteux voyages, achat de sacs de luxe ou soirées en discothèque. Selon les juges de la Cour suprême, ils ont agi "comme si l'argent était à eux". Le prédécesseur de Rodrigo Rato à la tête de Caja Madrid, Miguel Blesa, créateur de ce système selon la justice, avait été condamné en première instance à six ans de prison, la plus lourde peine dans cette affaire, et s'est suicidé avec un fusil de chasse en juillet 2017. Au total, entre 2003 et 2012, plus de 12 millions d'euros auraient été détournés grâce à ce système, dont 2,6 millions sous la présidence de M. Rato. L'ancien ministre est également dans l'attente d'être jugé pour escroquerie dans une autre affaire, concernant l'entrée en Bourse catastrophique de Bankia en 2011. Il est accusé d'avoir falsifié les comptes de la banque, dont le cours avait chuté de 80% dans l'année suivant l'introduction. L'État espagnol avait dû nationaliser Bankia et y injecter 22 milliards d'euros pour la sauver. AFP

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