Etat faillible…Etat failli

  Les caisses de l’Etat sont vides et le gouvernement en appelle à la compréhension, ou plutôt à la bonté de ses citoyens pour arrondir des fins de mois devenues difficiles. De nouvelles taxes seront au programme. On décide enfin s’imposer les plus riches, ce serait plus juste. Du moins, on promet de le faire ! On devra aussi émettre de la monnaie même si l’on ne produit pas plus. Cela nous donnera l’impression d’être riches, enfin presque… S’il n’y a plus d’argent, on en créera pour continuer à vivre au-dessus de ses moyens. Et puis bénis soient les plus jeunes, car ils hériteront du déficit budgétaire de l’Etat, comme le disait si bien le 31e président des Etats-Unis, Herbert Hoover. Tout va bien dans le meilleur des mondes, à une exception près : que faire de ces oiseaux de mauvais augure, de ces fauteurs de troubles qui crient au loup. De ceux qui dénoncent cette confusion que l’on veut entretenir dans l’esprit des gens entre création de monnaie et création de richesse. Ceux qui mettent le doigt sur ce qui ne va pas et qui critiquent les failles d’un système devenu insoutenable. Mais que veulent-ils au juste ? Après tout nous avons encore un gisement de ressources inexplorées et inexploitées qui peut rallonger indéfiniment la durée de vie de la rente. En plus des financements non conventionnels, on pourra toujours profiter de la manne que pourraient engendrer les hydrocarbures non conventionnels. Il est vrai que c’est une situation pas du tout conventionnelle que nous vivons. L’Algérie n’a toujours pas pris le train du progrès tant espéré et ce n’est pas non plus un Etat failli qui souffre de l’inexistence de services publics, de l’inefficacité de l’administration centrale, de la corruption généralisée, qui plonge dans la déliquescence en raison de la vulnérabilité de ses institutions et qui voit de fait sa sécurité menacée. Mais nous sommes sur une pente glissante. Il serait donc vain de faire la chasse aux sorcières et serait plutôt utile de se pencher sur les résultats mitigées des politiques économiques et sociales menées depuis des décennies et qui alimente la faillite de tout un système. Dans cet Etat vulnérable et faillible, il est temps d’arrêter de chercher les solutions dans des concepts savants et importés, la sagesse étant richesse, celle-ci ne peut se trouver que dans les idées librement exprimées. L’auteur du « Prince », Nicolas Machiavel disait que « l'expérience prouve que jamais les peuples n'ont accru leur richesse et leur puissance sauf sous un gouvernement libre. »    

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