FFS : Laskri annonce une nouvelle ère

En jetant un pavé dans la marre FFS par sa tonitruante démission de l’instance présidentielle du parti, motivant statutairement la tenue d’un Congrès extraordinaire, Ali Laskri, grand vainqueur de ce poker menteur, revient ragaillardi grâce à son nouveau mandat au sein du directoire du vieux parti de l’opposition. Le jeu valait-il la chandelle ? Certainement, dirons les initiés des arcanes de cette formation. Car, et en plus de riposter « aux actions de déstabilisation voire de division initiées voire encouragées de l’extérieur (…) », Ali Laskri estime que le parti est sorti vainqueur de ce Congrès. Il pointe du doigt « le système » qu’il accuse de vouloir « empêcher le FFS d’accompagner politiquement les mouvements sociaux actuels et futurs à l’approche de l’élection présidentielle et de peser sur cette échéance par nos choix politiques pour une alternative démocratique, un processus constituant et une 2eme République ». Cela a, au moins, le mérite de confirmer qu’il y a bien des dissensions existant au sein de la direction du parti qui, depuis la disparition de Hocine Ait Ahmed, continue à chercher, à tâtons parfois, ses repères. L’absence d’un meneur de l’acabit de son fondateur se fait sentir de plus en plus. En attendant la venue peu probable de ce « messie », il ne faut pas perdre de vue les enjeux qui semblent d’autant plus importants, à savoir relooquer le parti, l’assainir et se défaire de l’ombre du zaïm et voler de ses propres ailes. Il faut dire que les temps ont changé et que les enfants ont grandi. Les enjeux aussi, d’ailleurs. Sitôt revenu au sein du présidium, Ali Laskri, affiche sa position, ce mardi, et marque sa première sortie médiatique en tenant une conférence de presse au siège du parti. Frileux vis à vis des réseaux sociaux et d’une certaine presse, Ali Laskri, usant d’un ton menaçant, promet de « restituer le parti à ses militants » et d’assainir « démocratiquement » le FFS « à chaque fois que de besoin ». Une déclaration qui laisserait sous-entendre une quelconque « déviation » de la ligne du parti qu’il aurait fallu corriger d’où cette "provocation" du congrès extraordinaire du 20 Avril passé. Il est aussi question de renouvellement des structures du parti et de leur encadrement avant la tenue du Congrès ainsi que de « futurs statuts » qui contribueront à parfaire « la collégialité » de la formation de Hocine Ait Ahmed qui semble peiner à trouver ses marques mais surtout un leader de la trempe de son défunt fondateur. Doit-on donc s’attendre à une série de purges « démocratiques » ? Pas impossible. Car au delà de la préparation du 6eme congrès qui se tiendra début 2019 mais dont les dates n’ont pas été précisées, le FFS qui semble sciemment « occulter » les prochaines échéances présidentielles car ne figurant pas sur son agenda, projette de relancer son fameux projet celui d’instaurer une assemblée constituante. Une priorité pour certains et que d’autres souhaiteraient voir reléguer au second plan, lui préférant d’abord la course à la présidence de la République, véritable clé de voûte. Ce qui semble être la véritable pomme de discorde. Bien que cela relève des prérogatives du conseil national, l’élection présidentielle d’avril 2019 ne paraît pas non plus désintéresser du moins une partie de la direction du Front des forces socialistes qui louvoie en direction du Palais d’El Mouradia. En attendant, la nouvelle Instance présidentielle trace sa nouvelle feuille de route qui est la mise en place du secrétariat national et du comité d’éthique, le renouvellement des fédérations et des sections, du renouvellement des commissions du conseil national ainsi que l’organisation de la conférence nationale des élus et de l’organisation de la conférence nationale d’audit. De quoi faire perdre son latin à certains.    

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