Gérontologie…

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Azzedine Belferag Quelle mouche a donc piqué les algériens, eux qui veulent tous partir très jeunes à la retraite ? Jadis laborieux et pleins de vaillance, nos travailleurs semblent, depuis, atteint de flemme. L’inertie les pourchasse jusqu’au porche de la CNR ou ils ont trouvé refuge. La retraite est devenue une fin en soi depuis la promulgation du décret législatif 94/10 du 26 mai 1994. L’État, pressé par le FMI, avait alors instauré la retraite anticipée pour servir à des compressions d’effectifs dans le cadre de l’ajustement structurel. Et depuis « ce droit » est devenu une aubaine. Et ils sont un peu plus de deux millions à avoir atteint cet havre et autant à vouloir y être. La caisse procure une rente à ces retraités précoces qui attendent de retourner squatter le monde du travail quitte à faire péter les chiffres du chômage et ôter toute chance de trouver un jour un job aux nouveaux arrivants sur le marché du travail. Le jeu consiste à sortir par la porte pour rentrer par la fenêtre ! Le filon est juteux et intarissable. D’ailleurs, des centaines de milliers d’algériens militent « vaillamment » et battent le pavé de toutes leurs forces -car ils en ont encore -, pour aller s’abriter sous le dôme de la CNR. Ils sont jeunes et moins jeunes à vouloir faire « l’usine buissonnière ». Certains, à faire rougir d’envie un corse, n’ont même pas atteint la cinquantaine qu’ils postulent déjà à cette pension. De quoi donner le tournis à un gérontologue chargé par le ministère du Travail d’établir un pronostic sur une population mi- jeune, mi- vieille, ni apte, ni inapte au travail, mais soudainement ingénieuse quand ça l’arrange ! A.B.

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