Hausse de 20 % des prix du lait : le début de la fin des subventions ?

Le président du Comité national interprofessionnel du lait, M. Mahmoud Benchakour  a indiqué jeudi sur les ondes de la radio algérienne que le changement d’emballage du lait en sachet devrait induire une hausse des prix du lait subventionné. Celui-ci a expliqué que le passage des emballages de type sachet en plastique aux emballages Tetrapack induisait des coûts supplémentaires de l’ordre de 5 à 6 DA, tandis que le sachet de lait subventionné coûte actuellement 25 DA. Cette hausse pourrait ainsi représenter 20 %.   Au-delà de l’augmentation des prix du lait, c’est la refonte du système des subventions qui se pose actuellement avec acuité. Serait-ce donc le début de la fin des subventions généralisées pour la poudre de lait.  Ceci d’autant que les propos du président du Cnil plaident clairement pour le réorientation des aides vers la production locale. M. Benchakour a expliqué que l’Onil  doit jouer son rôle de régulateur en diminuant la distribution du lait en poudre aux transformateurs afin de les amener à s'approvisionner en lait cru local. Il a également proposé que pour réduire la facture d'importation de lait en poudre, des licences d'importation doivent être instaurées pour obliger les importateurs à investir localement, et ce, à l'instar de ce qui a été fait pour les concessionnaires des véhicules. Sur ce point, il a soutenu que le comité qu'il dirige a soumis cette proposition au ministère de l'Agriculture. Il n’en demeure pas moins que les besoins en lait sont estimés à de 4,5 à 5 milliards de litres/an alors que la production locale tourne autour de 600 à 800 millions de litres/an, soit un déficit de près de 4 milliards de litres/an qui est comblé par les importations. Il a expliqué le nombre des vaches laitières au niveau national est largement en deçà du cheptel nécessaire pour répondre aux besoins en lait. Ce cheptel est constitué actuellement de 200.000 vaches seulement alors qu'il faudrait environ un million de vaches laitières pour satisfaire la demande exprimée, a indiqué M. Benchakour sur les ondes de la radio nationale. Selon lui, la stratégie pour augmenter la production laitière locale nécessite le renforcement de la production fourragère et les activités liées à la filière, l'instauration d'un système de contrôle de la production et l'importation de vaches laitières pour combler le déficit.

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