Investissements en Afrique : Sellal appelle les entreprises algériennes à chercher des financements à l’étranger

C’est un virage à 180° que les pouvoirs publics entendent opérer pour ce qui est du rapport des entreprises nationales avec les marchés internationaux.  La crise des marchés pétroliers et la baisse drastique de la rente qui en découle, leur impose de marquer une rupture avec la défiance habituelle à l’égard des opérateurs économiques. Le Premier-ministre, M. Abdelmalek Sellal a, en effet appelé, samedi à Alger, en marge du Forum africain de l’investissement, les entreprises à s’implanter à l’étranger et ne plus chercher une simple présence commerciale via les exportations. Mieux encore, le Premier-ministre appelle les opérateurs économiques algériens à chercher des financements étrangers. M. Sellal a indiqué lors de l’ouverture de l’exposition de produits nationaux qui se tient en marge du Forum qu’« il ne faut pas se contenter des exportations. Implantez-vous dans d'autres pays et cherchez des financements étrangers ». Des propos qui marquent une rupture avec la période passée, lorsque les opérateurs bataillaient pour obtenir une refonte des règlements de la Banque d’Algérie pour obtenir l’autorisation de transférer des fonds dans l’objectif de financer un investissement à l’étranger, et au cours de laquelle toute levée de fonds, ou demande de crédit auprès d’établissements bancaires étrangers était formellement interdite. Il semblerait  que la crise actuelle oblige tout un chacun à un effort d’adaptation. M. Sellal le reconnaît, d’ailleurs, « l’Algérie est passée à une étape, à laquelle il faudra s’adapter ». Le Premier-ministre s’est, particulièrement adressé aux opérateurs de l’agroalimentaire et des énergies renouvelables, les exhortant à chercher les opportunités sur le marché africain.   Entre le discours et la réalité du terrain Il n’en demeure pas moins qu’entre les signes de bonne volonté affichés par les autorités et la réalité du terrain, le gouffre semble abyssal. Certes, le Premier-ministre appelle les entreprises algériennes à chercher des montages financiers qui permettraient de réduire le recours à des ressources locales lorsqu’il s’agit de financer un investissement à l’étranger. Il n’en demeure pas moins que la réglementation des changes demeure très contraignante en ce sens.  Le Conseil de la monnaie et du crédit a, certes, validé en 2014 une directive de la Banque d’Algérie autorisant les opérateurs algériens à effectuer des transferts pour des investissements à l’étranger. Cela reste, cependant, soumis à des conditions pour le moins contraignantes et surtout à une autorisation de la Banque centrale, avec toutes les lourdeurs bureaucratiques que cela implique. Il est vrai aussi, que la loi de finances pour 2016 a fait sauter le verrou de l’interdiction de tout recours à des financements extérieurs par les entreprises de droit algérien, mais cette mesure est soumise à étude au cas par cas. Il n’en demeure pas moins que les mesures prises, récemment par la Banque d’Algérie, en vue d’un assouplissement du contrôle des changes, et de l’allongement des délais de rapatriement des devises dans le cadre des transactions à l’export, permettent d’espérer un changement d’attitude  des autorités monétaires à l’égard des opérateurs dont l’activité est trop souvent confondus avec les actions délictueuses de certains aventuriers  qui frayent dans la fraude et le transfert illicite de devises.

Une pensée sur “Investissements en Afrique : Sellal appelle les entreprises algériennes à chercher des financements à l’étranger

  • 4 décembre 2016 à 8 h 59 min
    Permalink

    tres seduisantes ces mesures monsieur le premier ministre , mais a qui profite le cas par cas du saut du verrou de l’interdiction de financements etranger et du transfert des devises , sinon que pour certains privilegiés a ce que je presume , Monsieur Rebrab n’est il pas algerien ?pourquoi lui met _on les batons dans les roues ?, lui qui est allé tres loin pour investir 250 millions de dollars ? TANT QUE LE CAS PAR CAS ET LE GRE A GRE EXISTENT SOCIALEMENT LES REPERCUTION DE N IMPORTE QU ELLE FORUM N AURONT AUCUN IMPACT .

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *