Investissements : la méthode Coué pour défaire la méthode Tebboune

  La promotion des investissements s’érige en axe centrale de la démarche du gouvernement tendant à maintenir « la trajectoire de croissance et de développement du pays ». Il faudra pour cela rassurer les investisseurs et les inciter à s’engager dans le pays. C’est la substance du discours tenu dimanche à Alger, par le Premier ministre Ahmed Ouyahia devant l’Assemblée populaire. Celui-ci a plaidé pour la continuité, dans une critique à peine voilée de la démarche de son prédécesseur au Palais du docteur Saadane, Abdelmadjid Tebboune, lequel s’était illustré par une véritable rupture avec la politique jugée complaisante avec certains opérateurs économique. La démarche du nouvel exécutif sous la houlette d’Ahmed Ouyahia s’appuie sur une forme d’autosuggestion positive dans une société qui ne sera plus consommatrice, mais « une société productive qui réhabilitera l’effort et le travail, une société assainie des pratiques parasitaires du gain facile ». Pour ce faire il faudra « intensifier l’activité économique », mais surtout stabiliser « le cadre juridique et règlementaire des affaires (…) pour permettra aux investisseurs et aux opérateurs de disposer d’une visibilité ». Fini donc les changements règlementaires intempestifs ayant marqué la période Tebboune et que le nouveau chef de file de l’Exécutif a critiqué en vantant les vertus de la continuité. Ouyahia ne s’arrête pas là. Il entend rétablir tous les avantages et les concessions gelés ou annulés par le gouvernement Tebboune. C’est ainsi qu’il annoncera lors de son exposé portant plan d’action du gouvernement que « l’ensemble des avantages fiscaux et parafiscaux reconnus par le code des investissements seront maintenus, y compris ceux relatifs au régime général, ou au régime de conventions, ainsi que les avantages spécifiques destinés à encourager les investissements dans le Sud et les Hauts-Plateaux, sans oublier les avantages complémentaires au profit de l’investissement touristique ». M. Ouyahia rétablit aussi l’ordre qui prévalait avant l’interlude Tebboune pour ce qui est du Foncier. Le nouveau Premier-ministre remet au goût du jour le projet de création de 50 zones industrielles à travers le pays afin de répondre aux besoins industriel des investisseurs lesquels pourront en bénéficier via le régime de la concession. Mieux encore, l’orateur argumente en rappelant que le projet remonte à l’année 2011, période où il occupait encore la fonction de Premier ministre. Rappelons dans ce sens qu’Abdelmadjid Tebboune qui soupçonnait l’existence de milliers d’hectares de foncier industriel attribué à des investisseurs et non exploité,  avait décidé de revoir la gestion du foncier ainsi que de sa redistribution. Celui-ci avait même commandé  une enquête auprès du ministère de l’Industrie et des Mines concernant la faisabilité et l’utilité de la réalisation de ces nouvelles zones industrielles. Enfin et en ce qui concerne l’agriculture, M. Ouyahia a levé toutes les conditions et les contraintes pour l’attribution de foncier agricole relevant du domaine privé de l’Etat. M. Tebboune avait gelé les concessions et fermes pilotes attribuées à certains opérateurs qu’il soupçonnait d’avoir indûment bénéficié de ses terres, et avait entamé par la même occasion la révision des textes réglementaires régissant la gestion des réserves foncières agricoles. Pour son successeur   il faudra promouvoir l’agriculture intensive permettra de créer des emplois et de renforcer la sécurité alimentaire du pays. Et c’est dans ce sens  que « tout le foncier agricole disponible sera mis en valeur par l’appel aux investisseurs nationaux et même au partenariat ». Une démarche qui concernera aussi bien « les fermes pilotes propriétés de l’Etat que la concession de larges périmètres à travers le Sud et les hauts-Plateaux ». Mieux encore, Ouyahia annonce la réactivation de l'ensemble des aides à l'activité agricole décidées par le président de la République. Le nouveau Premier-ministre ira même jusqu'à revenir sur certaines dispositions introduites par le gouvernement Sellal dans le cadre de la loi de Finances 2017 à l'image de la levée de la subvention sur l'aliment de bétail. Bref, à défaut de s'inscrire dans la continuité de ses prédécesseurs, M. Ouyahia semble décidé à s'inscrire dans sa propre continuité.

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