Irak: des milliers d’habitants fuient les quartiers kurdes de Kirkouk

  Des milliers d'habitants quittaient lundi les quartiers kurdes de Kirkouk pour se diriger vers Erbil et Souleimaniyeh, les deux principales villes du Kurdistan, région autonome en conflit ouvert avec le pouvoir central irakien, a constaté un journaliste de l'AFP. Les embouteillages sont considérables aux sorties de la ville, a rapporté ce journaliste. Dans les véhicules ont pris place des familles entières. "Des dizaines de milliers d'habitants de Kirkouk, en particulier des Kurdes, sortent de la ville en direction des routes menant vers Souleimaniyeh et Erbil", a indiqué une source au sein des autorités locales, en charge de la question des déplacés. "Nous avons décidé de partir de Kirkouk et d'aller vers Souleimaniyeh parce que nous avons peur des affrontements", a affirmé à l'AFP Chounem Qader, institutrice de 51 ans. Les forces irakiennes ont lancé depuis dimanche une opération pour récupérer un camp militaire et des champs pétroliers dans la province disputée de Kirkouk. Champ pétrolier, base et aéroport militaires: les troupes irakiennes ont rempli lundi, sans quasiment combattre, une partie de leurs objectifs dans la riche province de Kirkouk, au cœur d'un contentieux entre Bagdad et Erbil, exacerbé par le référendum kurde. Elles sont même entrées dans la ville de Kirkouk, où elles décrochaient les drapeaux kurdes des bâtiments et des postes de contrôle pour les remplacer par des drapeaux irakiens, ont constaté des journalistes de l'AFP. La ville de Kirkouk compte 850.000 habitants, dont les deux tiers sont des Kurdes. Elle compte aussi environ 20% de Turkmènes et 12% d'Arabes musulmans ou chrétiens, selon le géographe français Cyril Roussel, spécialiste du Kurdistan irakien.

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