La martingale algérienne…

Screenshot from 2016-03-07 21-23-29       par Melissa Roumadi- Belferag     C’est fait ! Nous avons épuisé notre bas de laine. C’en est fini du parachute, du coussin qui devait amortir notre chute. Nous n’avons plus un centime de côté. Le Fonds de régulation des recettes n’est plus et cela fait peur. Nombreux sont ceux qui entrevoient déjà l’esquisse d’une tragédie grecque. Pourtant, au milieu de ces funestes augures, une petite lueur d’espoir transparaît. Celle du retour à la rationalité dans la gestion des finances publiques. Shootés aux décaissements du FRR, nombreux étaient les donneurs d’ordre qui ne se souciaient guère du sérieux et de la célérité dans l’exécution du budget. La caisse noire de l’État avait, d’ailleurs, pris tellement de place dans l’esprit de certains, que ces derniers, contraints, aujourd’hui, à une cure de désintoxication se demandent : Mais comment faisaient-on, avant ? Le gouvernement décide d’élaborer un budget sur la base de prévisions plus réalistes du prix du pétrole et des recettes de la fiscalité pétrolière. Certains auraient, sans doute, souhaité plus d’audace et une véritable rupture avec les habitudes du passé. D’autres se feront les avocats du diable, estimant que c’est déjà un grand pas en avant. Peut-être que l’on finira par apprendre à ne plus vivre au-dessus de nos moyens, que l’on arrêtera de croire en une prospérité qui n’en n’est pas une. Peut-être que l’État et ses démembrements apprendront à encourager la création de richesse et de valeur ajoutée, au lieu de distribuer la rente à la clientèle des potentats locaux dans le cadre de la réforme de fiscalité locale et la refonte des missions des collectivités locales. La réforme pourrait même pousser à un désengagement de l’État de la sphère économique, pour le renforcer dans ses missions régaliennes de régulateur. Peut-être qu’enfin, l’on apprendra à produire bien plus que du pétrole et des dérivés et à dépasser la simple gestion de ports souffrant d’une indigestion de produits importés. Le pari est audacieux et reste tributaire à un baril à 50 dollars. Reste à exorciser nos démons et à rompre avec cette malédiction, cette martingale, pour paraphraser l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, qui pousse nos gouvernants à engager des réformes quand le baril montre des signes de faiblesse et à les abandonner dès que celui-ci reprend des couleurs. Cependant, certains hommes sont plus enclins à changer d’opinion plus vite qu’ils ne changent d’habitudes.   M.R.B.

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