La République bafouée

  « Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus » disait Chateaubriand Par Azzedine Belferag Les institutions algériennes, à leur tête la première fonction étatique viennent d’atteindre vraisemblablement la dernière étape dont parlait l’écrivain et homme politique français. La claque a cinglé tel ce froid sibérien, fouettant le visage de milliers d’Algériens, qui, médusés par la dernière « operation de Com » hautement machiavélique en la sortie médiatisée de Saïd Bouteflika,  s’interrogent sur ce qui se passe en haut lieu. Qu’est ce qui fait agir le frère et conseiller du Président de la sorte ? En se liguant en public avec le pouvoir de l’argent contre les décisions du Premier-ministre n’a-t-il donc pas porté préjudice à son frère aîné ? Car, il faut le garder à l’esprit, ce même Premier ministre a été nommé par le Président de la République lequel l’a chargé d’une mission, celle de faire le ménage. N’aurait-il donc pas pu user de plus de discrétion pour laver le linge sale au lieu d’offrir aux milliers de téléspectateurs une piètre et peu élogieuse image de la République algérienne ? Un homme d’État au bon sens n’aurait certainement pas agi de la sorte et bafouer les us. Pourquoi avoir choisi le cimetière d’El Alia, devenu, désormais, le nouveau salon VIP  pour ce genre de crêpage de chignon sous l’œil des caméras? L’occasion était mal choisie puisque s’agissant des funérailles d’un grand homme, feu Reda Malek. La décence ainsi que les usages de bienséance auraient bien pu dissuader toute velléité hostile, car ce n’est ni l’endroit ni le moment. L’indécence aurait donc poussé certains à bafouer les mœurs en manquant d’humilité face à la mort et ne respectant pas le deuil de la famille Malek et celui des algériens.  En tentant de ridiculiser la personne du premier ministre, Saïd Bouteflika et ses amis n’ont, en fait, réussi qu’à humilier les institutions du pays à travers leur représentants. C’est en fait tous les algériens (hormis une plèbe à l’affût d’un signe de la part du dauphin) qui se sont sentis frustrés et agressés.  Quant aux objectifs qui semblent viser Abdelmadjid Tebboun à la suite du bras de fer qui l’oppose au patron de l’ETRHB, Ali Haddad et du SG de l’UGTA, Sidi Saïd, ceux-ci sont mal venus puisque s’agissant du Premier-ministre du gouvernement de Abdelaziz Bouteflika. A.B

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