La Turquie signe avec la Russie pour la fourniture de missiles antiaériens

La Turquie, deuxième armée de l’OTAN, vient de signer avec la Russie un accord en vue du premier achat majeur d’armes russes, une acquisition troublante pour les partenaires occidentaux d’Ankara et réjouissante pour Moscou, qui n’a de cesse de vouloir affaiblir l’Alliance atlantique. « Nous avons signé avec la Russie pour l’achat de systèmes antimissiles S-400 », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan au quotidien Hürriyet, mardi 12 septembre, soulignant combien lui et son homologue russe, Vladimir Poutine, étaient « déterminés ». Vladimir Kojine, le conseiller du Kremlin pour la coopération militaire, a confirmé l’information, ajoutant que des « détails » restaient à régler. En discussion depuis des mois, le contrat prévoit la fourniture de quatre batteries de S-400 pour la somme de 2 milliards à 2,5 milliards d’euros.  Selon AFP, Les deux premiers exemplaires seront fabriqués en Russie, les deux autres seront assemblés en Turquie. La première livraison ne devrait pas intervenir avant 2020, les usines russes peinant à honorer leurs commandes pour leur propre armée et pour la Chine, un important client de Rosoboronexport, l’agence russe en charge des exportations d’armement. Cet achat est un tournant majeur. Il confirme la nouvelle orientation de politique étrangère voulue par le président Erdogan, qui souhaite éloigner son pays de ses alliés traditionnels occidentaux au profit d’une alliance stratégique avec la Russie. Son acrimonie est grande envers Washington et Bruxelles. Contrarié par le manque d’empathie des Occidentaux au moment du putsch raté du 15 juillet 2016, ulcéré par la coopération américaine avec les Kurdes syriens liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie), le numéro un turc veut monter qu’il est le seul maître de l’échiquier stratégique.  

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