Labellisation des produits du terroir : impliquer les acteurs locaux

Lila Tam   Une étude sur la valorisation des produits de terroir en Algérie menée par Foued Cheriet, Maître de Conférences en stratégie et marketing agroalimentaires à Montpellier Supagro, met en exergue les difficultés et les contraintes rencontrées dans cette démarche. L’étude fera, d’ailleurs, l’objet d’une présentation au colloque sur les produits du terroir prévu les 18 et 19 novembre prochain à Agadir. En cours depuis 2008, et officiellement lancé en 2013 à travers l’adoption d’un système national de valorisation des produits agricoles ou d’origine agricole, l’opération de labellisation fait face à de nombreux blocages sur le terrain. Globalement, ce système a donné lieu à la création de quatre signes de qualité, à savoir l’Appellation d’Origine, Label Agricole, Indication Géographique et Agriculture Biologique. Les services en charge de l’opération se sont, également, penchés sur la rédaction des textes juridiques, l’élaboration des spécifications techniques des cahiers des charges ainsi que le lancement du processus pour trois produits pilotes (figues sèches de Béni Maouche, Olive de table de Sig, Dattes Deglet Nour de Tolga) et ce, dans le cadre d’un projet de jumelage avec l’Union Européenne. Le process se terminera à la fin de l’année 2016 avec l’identification d’une liste de produits agricoles de terroir à fort potentiel de valorisation. Mais la démarche adoptée ne semble pas cohérente selon l’étude en question. « Notre analyse de ce système nous a permis de dégager plusieurs recommandations susceptibles de remédier au caractère hiérarchique, centralisé et administratif de la démarche», indique l’expert agroalimentaire dans sa conclusion. « Par ailleurs, nous avons pu constater que l’insuffisance structurelle de l’offre de produits agricoles diminue l’importance de la labellisation comme outil de différenciation et cela à cause d’une survalorisation des produits standards (dus notamment à des coûts de production élevés et à une faible productivité) » ajoutera-t-il. Pour y remédier, M.Cheriet recommande d’impliquer les acteurs locaux dans de telles démarches à travers un meilleur accompagnement, des incitations fiscales ou financières et davantage de coordination-structuration des filières concernées. «En nous basant sur les recherches empiriques antérieures, nous avons pu montrer que le potentiel de valorisation des produits de terroir est sous exploité, à cause notamment d’un biais consistant à sélectionner actuellement des produits destinés à l’export, de manière centralisée et à une échelle nationale », conlut encore l’étude. Celle-ci préconise d’aller vers une décentralisation-régionalisation des opérations d’identification, la sélection et la mise en place des démarches de labellisation, à l’instar de ce qui se fait au Maroc, avec l’implication des experts et des institutions de recherche et de vulgarisation. «Le pilotage des projets par des producteurs locaux ou des coopératives seraient à même de dynamiser le processus et de valoriser davantage de produits pour les consommateurs nationaux», est-il encore souligné dans le document. Autant de mesures à mettre en œuvre surtout qu’actuellement en Algérie, on enregistre un accroissement important de la demande pour les produits à forte typicité. En témoigne l’ouverture d’un nombre important d’épiceries spécialisées, de nombreuses initiatives locales. L.T.  

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