Le Loup, le Renard et les Derviches

photo-chronique-azz   « Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser. » Blaise Pascal Nos hommes politiques ne semblent plus faire confiance à la justice de leur pays, pourtant si clémente ! Ils préfèrent recourir aux bienfaits de la science occulte prodiguée par la horde de derviches «investis» de mission de réhabilitation à l’exemple de l’église romaine qui accordait son indulgence (Sokouk el ghofrane) par une rémission devant la pénitencerie apostolique. Il suffirait d’un passage au sein de la Halaka d’echoyoukh et le tour est joué. Le quidam sort absout de tous ses péchés ! Dans une Algérie frappée par une sorte de mauvais sort, ce bref trempage semble laver plus blanc que la lessive Ariel et Omo réunis. Ça ne terni pas les couleurs, ne laisse pas de trace et permet même un séchage en toute Célérité. Cela te blanchirait même un bon vieux briscard féru de voyages, de bonnes tables, d’intrigues et de haute voltige. Mais, il faut faire gaffe ! Ce fameux détergent « Derviche » produit par les zouis de Sidi Abdelkader et de Ouled Khayra semble sans effets et perd de sa magie à l’abus, question d’alchimie dont même notre Nekkaz national qui s’amuse à jouer au trouble-fête, ne détient pas le secret. Et bizarrement, cela nous renvoie au 17e siècle, nous rappelant cette fable de Jean de LA FONTAINE, citant l’histoire de ce « (…) Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe », criant qu’on l’avait «volé » en visant son voisin le Renard. Loin d’être dupe, le juge, un vieux singe « instruit de leur malice, leur dit : Je vous connais de longtemps, mes amis ;(…) Car toi, Loup, tu te plains, quoiqu’on ne t’ait rien pris; Et toi, Renard, as pris ce que l’on te demande.» Le Juge considère qu’« on ne croit point le menteur, même lorsqu’il dit vrai », préfère les designer coupables car « ne sachant manquer de condamner un pervers.» A.B.

Une pensée sur “Le Loup, le Renard et les Derviches

  • 2 mai 2016 à 21 h 05 min
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    C’est une situation burlesque, une tragédie comique que même Jean de La Fontaine aura des difficultés à dérouler le fil. Sans doute Becket peut lui souffler une idée et lui expliquer qu’il doit attendre godot. Ainsi se résume notre espoir pour un Messi politique qui nous délivrera si dieu le veut de cette faune avide et sans dignité.

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