Le Maroc rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran

  Le Maroc a annoncé mardi la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Iran, qu’il accuse d’avoir facilité une livraison d’armes au Front Polisario. Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser a précisé que cette décision n’avait rien à voir avec «les développements régionaux ou internationaux» actuels, en référence notamment aux tensions entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite qui soutiennent des camps opposés dans des conflits et des crises au Moyen-Orient. Cette annonce intervient au lendemain de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU, vendredi dernier, de la résolution 2414 qui réaffirme le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et appelle les deux parties au conflit, le royaume du Maroc et le Front Polisario, à des négociations "sans conditions préalables et de bonne foi", sous les auspices du Secrétaire général de l'ONU, et prorogeant le mandat de la Minurso de six mois. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté vendredi une résolution appelant les parties en conflit au Sahara occidental à des «négociations sans préconditions» et prolongeant de six mois seulement le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Le dernier round de négociations entre le Maroc et le Front Polisario remonte à 2008. L’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, l’ex-président allemand Horst Koehler, a promis au Conseil de sécurité un nouveau round de négociations pour 2018, mais sans donner de dates. Il a été nommé en août et a effectué en octobre sa première tournée dans la région. Le Hezbollah libanais, qui a rejeté les accusations de Rabat, a imputé la décision marocaine à des «pressions» étrangères. Les Etats-Unis, Israël et l’Arabie saoudite, deux alliés historiques de Washington, n’ont de cesse de critiquer les « ingérences s et «l’ambition dominatrice » de l’Iran au Moyen-Orient. L’Iran et l’Arabie saoudite ont rompu leur relations diplomatiques en janvier 2016 et sont engagés dans une lutte d’influence régionale. Les deux pays soutiennent des camps opposés en Syrie, au Yémen ainsi qu’au Liban. L’ambassadeur du Maroc à Téhéran a «quitté mardi l’Iran et je vais demander au chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran de quitter le royaume sans délai», a ajouté M. Bourita, qui s’exprimait à son retour de Téhéran, où il dit avoir informé son homologue iranien Mohammad Javad Zarif de la décision marocaine. Le Maroc avait déjà rompu ses relations avec l’Iran début 2009, pour protester notamment contre «l’activisme» religieux de Téhéran dans le royaume. Ces liens avaient été rétablies en 2014. Dans un communiqué, le Hezbollah a jugé «regrettable que le Maroc lance des accusations infondées sous pressions américaines, israéliennes et saoudiennes», trois pays hostiles à l’Iran.  

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