Le Venezuela otage des agences de notation

Les difficultés économiques et financières du Venezuela risquent de se compliquer. Au moment où Caracas projette de renégocier et de restructurer sa dette avec ses créanciers, le chef de file de la nouvelle gauche latino-américaine vient de faire face à une attaque en règle des grandes agences de notation financière et du Fonds monétaire international. Selon AFP, le FMI a annoncé avoir « pris acte lors d'une réunion de son comité de direction que le pays, qui traverse une grave crise politique et économique, était "en violation" avec les règles de l'institution en ne donnant pas accès à ses données économiques complètes ». Fournir les données relatives aux exportations et aux importations de marchandises ainsi que celles concernant les indicateurs économiques clés sont "une obligation de tous les membres du Fonds", a rappelé le FMI. L'institution de Washington a également souligné que l'accès à l'ensemble des données économiques "permet une surveillance efficace des évolutions macroéconomiques de chaque pays" et d'évaluer leur impact sur les autres pays. Les membres du conseil d'administration du FMI ont renforcé leur pressing sur le Venezuela et ont en outre sommé le Venezuela "d'adopter des mesures de rattrapage spécifiques" dans les six mois. "Je dis aux investisseurs du monde entier et aux détenteurs de dette vénézuélienne: je vous convoque le 13 novembre à Caracas pour lancer un processus de refinancement et de renégociation de la dette externe", a déclaré vendredi le chef de l'Etat socialiste, Nicolas Maduro. Ces déclarations ont été sanctionnées par les agences de notation Fitch et Standard&Poors qui ont dégradé la note de dette du Venezuela libellée en devises étrangères respectivement à "C" et "CC". En d'autres termes, elles considèrent la dette du Venezuela en devises étrangères comme étant en défaut, avec quelques espoirs de recouvrement. Elles motivent leur décision par le fait que l'Etat pourrait manquer une échéance de paiement ou présenter une opération de restructuration de sa dette "équivalente à un défaut dans les trois prochains mois".  Fitch rappelle que le pays a déjà précédemment manqué des échéances de paiement. Combiné à l'annonce du gouvernement vendredi, l'agence estime qu'"un défaut de paiement est hautement probable".  

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