Les banques publiques à la traîne

Par Nassima Akid Toutes les banques de la place ne sont pas au rendez-vous du crédit à la consommation. Les banques étrangères et précisément trois d’entre elles semblent avoir une longueur d’avance sur les autres et notamment les banques publiques. BNP Paribas, Société Générale (SG) et Al Baraka Banque sont déjà prêtes à recevoir les clients et à étudier les dossiers. «On se prépare tous à lancer le crédit mais le gros des demandes porte sur le véhicule Renault. La demande risque d’être supérieure à l’offre», explique un responsable au niveau de Salam Banque, une banque islamique. Chez les producteurs nationaux, les lenteurs des banques publiques n’ont pas laissé trop de choix. «Nous avons signé en premier avec SGA,  car ils étaient déjà prêts sur le plan de l’organisation», explique Khaled Bouderbala, directeur régional du groupe Condor. Selon les autorités financières du pays, toutes les banques qu’elles soient publiques ou privées sont habilitées à accorder des crédits à la consommation, mais sur le terrain, les banques publiques qui détiennent 90% du marché sont encore dans l’attente d’instructions émanant du ministère des Finances, pour certaines d’entre elles. Au niveau du Crédit Populaire d’Algérie, la question sur la disponibilité du crédit à la consommation semble même surprendre. CENTRALE DES RISQUES « Nous n’avons reçu aucune instruction », apprend-on au niveau de deux agences bancaires du CPA. « Nous savons que c’est disponible chez BNP, mais pour notre part, nous n’avons encore rien reçu. D’ailleurs, nous ne comprenons pas pourquoi ?  L’on  parle, pourtant, d’encourager les  produits algériens », déplore-t-on encore. La Banque de développement local (BDL) serait la plus proche du lancement du crédit à la consommation, mais aucune précision n’est disponible à ce sujet. Le retard accusé par les banques publiques serait dû à la procédure de mise en place au niveau de la Centrale des risques devant permettre d’établir le fichier des bénéficiaires des crédits au niveau des banques afin de prévenir les surendettements. Les banques avaient jusqu’au 31 décembre 2015 pour finaliser l’opération. Mais, tous les établissements n’ont pas pu respecter ce délai. «Au niveau de notre agence, nous n’avons que 1 000 dossiers de crédits, et il nous a fallu 6 mois pour les traiter», nous dit un employé de la Banque nationale d’Algérie (BNA).  Les banques publiques ont pris du retard, en raison,  surtout, du traitement des dossiers entrant dans le cadre des dispositifs Ansej, Angem et Cnac. Un fardeau dont les banques privées ne se sont pas encombrées. D’autres motifs de retard sont à prendre en compte. « Le problème concerne  le coût de gestion du crédit à la consommation, qui est élevé.  Le nombre de clients est important par rapport à la faiblesse des montants de crédit. Cela se traduit  par des frais de gestion supérieurs aux marges sur financement», explique un autre employé de banque. «Il faut du temps et une maîtrise des impayés pour que ce soit rentable» et c’est pour cela que les banques sont en train de « rechercher des formules permettant de simplifier le process et réduire les charges », ajoute-il. N.A.

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