LES CABBALES DU CINQUIEME MANDAT

 Par Nour-Eddine Boukrouh
  Je suis actuellement la cible d’attaques calomnieuses, d’enquêtes extra-judiciaires et de menaces anonymes provenant de plusieurs sources et se manifestant par divers canaux officieux, anonymes ou publics. Si les supports utilisés sont divers (journaux et personnages au service du pouvoir crapuleux qui a pris en otage le pays, messages d’intimidation envoyés à ma boîte publique email, sites véhiculant des rumeurs et des posts émanant pour certaines d’institutions occultes de l’Etat, islamistes radicalisés en mal de règlement de comptes avec moi, etc), leur origine est la même, la présidence de la République, et leur but commun : m’entraîner dans des polémiques de diversion et me menacer pour que je cesse de m’exprimer et de publier. La question qui ne saurait échapper à personne est pourquoi maintenant ? Pourquoi ce dont on m’accuse aujourd’hui n’a-t-il pas filtré auparavant, moi qui ai eu tant de démêlés avec les différentes équipes au pouvoir depuis les années soixante-dix ? Pourquoi feint-on de découvrir, quinze ans après les faits allégués et treize ans après ma sortie du gouvernement, que j’aurais commis des indélicatesses et consenti des passe-droits ? La réponse est limpide : à cause de ma position contre le cinquième mandat et l’initiative politique que j’ai lancée pour l’empêcher. Je connais assez le fonctionnement de l’appareil de l’Etat pour savoir que rien n’est systématiquement entrepris contre quelqu’un si les ordres ne viennent pas de la Présidence de la République qui, comme tout le monde le sait depuis la très instructive affaire Khalifa, condamne et blanchit qui elle veut. Les voleurs étant au pouvoir, les innocents sont forcément voués à la prison. Ces attaques, rumeurs, enquêtes illégales et menaces sont synchronisées et touchent à ma vie privée, à ma famille, à mes positions politiques, à mes écrits sur l’islam, à mes biens réels et supposés, à des choses que j’aurais dites ou faites il y a quarante-sept ans comme vient de l’alléguer un aigri à qui je n’ai parlé que deux ou trois fois depuis que je suis au monde. En novembre dernier le quartier de Zeralda où j’habite a vu, tôt le matin et par un temps pluvieux, une escouade d’engins de démolition déferler sur une des rangées de maisons en particulier, celle où se trouve mon domicile, pour détruire sans préavis, sans ménagement, avec une sauvagerie inouïe, tout ce qui dépassait d’un centimètre. Ce quartier est une coopérative immobilière créée au début des années 1990 et comprenant plus d’une centaine de lots. L’endroit où j’occupe une superficie de 290 m2 a été le plus fortement touché. Des arbres plantés par les habitants pour se protéger des risques de l’autoroute depuis plus d’une décennie ont été détruits au bulldozer. Le wali d’Alger, M. Zoukh, a été aperçu à quelques mètres de ma maison, dans son véhicule arrêté à sa hauteur comme s’il avait pour instruction de s’assurer en personne que le « travail à l’israélienne » me concernant serait mené avec le maximum de brutalité. Personne dans le quartier n’était dupe, et tout le monde pensait et disait à voix haute que c’est en réalité Boukrouh qui était ciblé. Nous avons acheté cette maison en 2006. Avant de planter des arbres sur le terre-plein la séparant de la glissière de l’autoroute, j’avais été voir le président d’APC pour l’informer de notre intention qui ne visait pas à construire sur une parcelle relevant du domaine public, mais à entourer l’espace mitoyen par des arbres et une clôture en grillage par sécurité et souci esthétique. Le voisinage l’avait fait des années avant que je ne m’y établisse. Depuis, j’ai reçu plusieurs messages de divers bords me recommandant de rester à l’étranger où je me trouvais au moment de la démolition pour les besoins de l’édition d’un livre qui doit paraître incessamment, car on cherche à me museler comme cela a été fait avec d’autres. De là où je suis, partout où je serai, je poursuivrai mon combat contre le règne des voleurs devenus les « gardiens » de la loi. L’offensive générale qui me vise actuellement a fait remonter à mon esprit les circonstances de mon premier passage à la télévision en mars 1990, et mon premier contact avec la crapulerie du système. L’émission s’intitulait « Rencontre avec la presse », elle durait une heure et demi et était animée par Mourad Chebine, entouré d’une demi-douzaine de journalistes. C’est au cours de cette émission que l’expression « ghâchi » est sortie de ma bouche dans le feu d’une discussion avec un des journalistes, Hmida L’ayachi. C’était sous Chadli et Larbi Belkheir, et Hamrouche dirigeait le gouvernement et tout ce qui est dessous, dont la télévision d’Etat. L’émission était précédée d’une présentation de l’invité du jour par une voix « off », celle d’une journaliste qui est devenue directrice de la communication ou quelque chose comme ça à la Présidence de la République des Bouteflika et des pilleurs en milliers de milliards de dinars et milliards en dollars et euros qui les entourent. La voix « off » m’avait présenté comme quelqu’un de connu pour ses idées libérales, qui possédait une villa à Birkhadem, des locaux à Riadh-el-Feth, des lots de terrain et je ne sais quoi d’autre. Elle lisait d’une voix déterminée une fiche que seules des officines occultes pouvaient avoir préparée pour conditionner le public encore sensible au discours « socialiste », mais aussi pour me désarçonner. L’enregistrement est disponible à l’ENTV et la vérification possible : ma réponse à la voix « off » a été : « Oui ! En effet ! Et oumbâad ? ». C’est ce que je réponds aux aboyeurs « off » d’aujourd’hui. Cette anecdote est en quelque sorte une preuve absolue : la preuve que je possédais des biens et vivais à l’aise des années avant d’entrer en politique et plus d’une décennie avant d’entrer au gouvernement, et cela par la seule grâce de mon travail et de mes investissements. Si quelqu’un en doute, qu’il en apporte le démenti et les preuves. Quel homme politique au pouvoir ou dans l’opposition peut en dire autant ? Venus pieds-nus à la politique ou au gouvernement pour la plupart, ils en sont partis pour ceux qui l’ont quittée les poches pleines ou continuent à se les remplir s’ils y sont encore, avec la bénédiction des Bouteflika. Ils sont aujourd’hui infiniment plus riches que je ne l’aie jamais été. Le jour où ceux-là et la multitude de voleurs qu’ils traînent dans leur sillage s’expliqueront sur l’origine de leurs biens, à commencer par les Bouteflika eux-mêmes, alors j’apparaîtrai à l’Algérie incrédule, mais surtout aux « hassadine », comme le Job des temps modernes.                                           

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