Les importations algériennes boostent les prix du gasoil

  L’Algérie a multiplié ses importations de gasoil au mois de septembre induisant un bond des prix de ce carburant sur le marché méditerranéen. Selon l’agence américaine d’information spécialisée Platts, les écarts de fret en CIF (coût assurance et fret)  pour le gasoil à faible teneur  (0,1%) en soufre ont inscrit un bond de 3,25 dollars la tonne métrique durant la seule journée de lundi pour atteindre un plus haut de deux mois à 8,75 dollars la tonne métrique. Platts précise qu’un spread similaire a été constaté pour le diesel 10 ppm (gasoil à faible teneur en soufre 0.001 %), avec une pointe à 9,50 dollars la tonne métrique. Une hausse des cours que l’agence américaine explique par des commandes exceptionnelles et urgentes émise par l’Algérie durant ce mois de septembre. Platts précise que la compagnie pétrolière nationale lance habituellement des appels d’offres pour 3 cargos par mois, mais c’est un fait exceptionnel de la voir rechercher des commandes urgentes. Il est vrai que malgré les efforts entrepris pour réduire la demande interne en produits pétroliers l’Algérie continue à inscrire une courbe ascendante de sa consommation de carburants, que les capacités de raffinage locales peinent à couvrir. Au mois de juillet dernier, le ministre de l’Energie indiquait que les capacités de raffinage de l’Algérie étaient estimées à 11,5 millions de tonnes par an alors que la consommation se situe à 15 millions de tonnes par an, ce qui engendre un gap de 3,5 millions de tonnes par an de carburants que l’Algérie importe pour une facture annuelle de 2 milliards de dollars.
3e plus gros consommateurs de produits pétroliers
 
Les statistiques publiées par divers organismes internationaux reflètent d’ailleurs la persistance de ce gap entre consommation et production et qui ne faut que ce creuser au fil du temps. C’est ainsi que la major pétrolière britannique British Petroleum  a indiqué dans son rapport « Statistical Review for wworld Energy » publié au mois de juin dernier que l’Algérie est le troisième plus gros consommateur de produits pétroliers en Afrique, malgré un recul de la demande de 3,2 % en 2016, à un peu plus de 18 millions de tonnes. Parallèlement à cette consommation de 412.000   barils /jour, la production de produits raffinés à baissé de 1,1 % pour atteindre 584.00 barils/jour très en deçà des capacités installées.  Le bulletin statistiques de l’Opep note une baisse de 4,7 % de la consommation algérienne en produits pétroliers à 399.000 barils/jour en 2016. Contre une production de plus de 622.000 barils jours. Dans le détail, l’Algérie a produit pour 55.000 barils /jour d’essence en 2016 contre une demande de près de 90.000 barils /jour. Notons que le ministre de l’Energie a récemment annoncé que grâce au différent projets de réalisation de raffineries, les capacités globales de raffinage de l’Algérie devront être portées à 40 Mt/an à l’horizon 2021.Aussi, le projet de réhabilitation de la raffinerie d’Alger, dont la date de réception est prévue pour octobre 2018, devrait permettre d’augmenter de 35% les capacités de raffinage de cette unité qui avait traité 2,8 millions de tonnes (Mt) par an d’hydrocarbures en 2014.  

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