Les Libanais aux urnes pour les premières législatives en neuf ans

Les Libanais sont appelés dimanche aux urnes pour des élections législatives, les premières en près d'une décennie, mais le scrutin ne devrait pas bouleverser l'ordre politique d'un pays aux équilibres fragiles, mis à rude épreuve par le tumulte régional. Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (04H00 GMT) pour accueillir les quelque 3,7 millions d'électeurs, sous haute sécurité. Le Parlement (128 députés) devrait être dominé par les partis traditionnels. Ces dernières années, le pays a connu des crises politiques à répétition, évitant, souvent de justesse, l'engrenage de la violence malgré une situation géographique sensible. Entre 20.000 et 30.000 policiers et soldats seront déployés pour sécuriser le vote, a annoncé le ministère de l'Intérieur, dans un pays frappé ces dernières années par des attentats meurtriers. Avec une classe politique accusée de corruption et de népotisme, dominée depuis longtemps par les mêmes partis et incapable de relancer une économie brinquebalante, la population ne s'attend à aucun changement majeur. La campagne électorale s'est déroulée sans incident et partout les affiches et portraits géants des candidats  ont envahi les panneaux publicitaires et les façades des immeubles. Malgré les profondes divergences et parfois même l'animosité, les décisions politiques majeures sont souvent prises par consensus entre les forces politiques rivales.  Les dernières législatives au Liban remontent à 2009. Le Parlement avait prorogé à trois reprises son mandat, invoquant notamment des risques sécuritaires liés au débordement de la guerre en Syrie. Quelque 597 candidats répartis en 77 listes sont en lice, pour des législatives organisées pour la première fois selon un mode de scrutin proportionnel. Mais la répartition des sièges est aussi régie par un subtil partage confessionnel, entre les différentes communautés religieuses. Les 1.880 bureaux de vote fermeront à 19H00 (16H00 GMT) et les résultats pourraient être annoncés dès le lendemain dans les 15 circonscriptions. La nouvelle loi électorale adoptée en 2017 a incité des candidats de la société civile à tenter une percée. C'est le cas notamment de la coalition "Koullouna Watani", qui appelle les électeurs à se mobiliser contre l'establishment politique traditionnel. Les prochains élus devront se pencher sur des questions politiques, sociales, mais aussi économiques majeures, dans un pays où la population subit notamment des coupures d'électricité quotidiennes depuis plusieurs années, des pénuries d'eau régulières et un problème de gestion des déchets ménagers qui perdure depuis trois ans.  Le Liban doit par ailleurs se lancer dans ses premières explorations d'hydrocarbures en Méditerranée, une possible manne financière qui pourrait aider un pays qui croule sous une dette publique culminant à 150% du PIB, le troisième taux le plus élevé à l’échelle mondiale.    

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *