« Les prix de l’électroménager vont augmenter de plus de 50% en 2017 »

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FERHAT AÏT ALI A PROPOS DE LA TAXE D’EFFICACITE ENERGETIQUE :

Estimant que les taux de la taxe d’efficacité énergétique (TEE), proposée par le projet de loi de finances pour 2017 étaient « exagérés », l’expert financier Ferhat Aït Ali redoute un fort recul de la production nationale des appareils électroménagers du fait de la baisse de la demande sur ces produits laquelle sera éventuellement engendrée par la hausse des prix.   Propos recueillis par Lina Djoudi     Quel impact attendez-vous de la TEE sur le pouvoir d’achat des citoyens ?   Cette taxe va sensiblement impacter le pouvoir d’achat. Sachant que la majorité des appareils électriques ne sont pas classés en Algérie, ils seront systématiquement soumis à la TEE au taux fixe de 45% même s’ils ne sont pas réellement énergivores…pourtant, ce n’est pas la faute aux fabricants puisque le ministère concerné s’est limité, dans la réglementation régissant la classification énergétique, à quelques produits uniquement. Il faut savoir qu’une TEE à 45%, cumulée avec une TAP de 1% ou 2% et d’une TVA de 19%, va induire une hausse de plus de 50% des prix de ces appareils en 2017. Une machine à laver qui coûte 40.000 DA reviendra à plus de 60.000 DA…c’est clair que ça va aggraver la détérioration actuelle du niveau de vie des citoyens.   Quel en sera l’impact sur les entreprises ?   Avec cette hausse attendue des prix des appareils fonctionnant à l’électricité, la demande sera en baisse, ce qui va pousser les producteurs locaux à réduire leur production, ce sont ces derniers qui vont ressentir le plus l’impact de la taxe, vue les charges de production qu’ils doivent satisfaire, contrairement aux importateurs. C’est dommage car nous avons des groupes locaux de production d’électroménager qui sont très compétitifs mais qui vont se retrouver en difficulté dès l’année prochaine à cause de la TEE.   Pensez-vous donc que la TEE est sans intérêt économique ?   Le chiffre d’affaires des entreprises concernées sera en baisse et l’État ne pourra pas, donc, encaisser ce qu’il attend de cette taxe. Ensuite, j’estime qu’on aurait pu commencer par introduire une taxe à des taux faibles et voir la réaction du marché et des consommateurs, et au cas où l’écho est favorable, on pourrait alors augmenter progressivement ces taux. Mais imposer directement des taux de 45% et de 60% relève à mon avis de l’exagération. L.D.

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