Les Turcs aux urnes pour les élections présidentielle et législative

Les Turcs ont commencé à voter dimanche pour les élections présidentielle et législatives, lors desquelles ils choisiront leur nouveau président parmi six candidats en lice dont le chef d'Etat sortant Recep Tayyip Erdogan, un rendez-vous électoral crucial pour le pays après le référendum de 2017 sur une révision de la Constitution qui avait renforcé les pouvoirs du président. Les bureaux de vote ont ouvert à 05H00 GMT et fermeront à 14H00 GMT. L'enjeu de ce double scrutin est particulièrement important car il marquera le passage d'un système parlementaire à un régime présidentiel. Cependant le président turc a affirmé qu'il n'excluait pas de former une coalition au Parlement si l'alliance dominée par son parti ne remportait pas la majorité lors des élections de dimanche. "Si l'’Alliance du peuple’ obtient 300 sièges (sur 600, ndlr), la question est résolue. Si elle est en-dessous de 300, nous pourrions chercher à former une coalition", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'une interview à la radio tard mercredi. Lire aussi: Double scrutin législatif et présidentiel le 24 juin en Turquie, poursuite des préparatifs "Nous verrons dimanche", a-t-il ajouté, sans préciser avec quelle formation politique il envisageait une telle coalition. "Si M. Erdogan reste le favori de la présidentielle, il n'est pas assuré de récolter les plus de 50% des voix nécessaires pour éviter un second tour qui se déroulerait le 8 juillet", selon les instituts de sondage. Pendant la campagne, M. Erdogan a semblé sur la défensive, promettant par exemple de lever rapidement l'état d'urgence ou encore d'accélérer le retour dans leur pays des réfugiés syriens, mais uniquement après que le candidat social démocrate, Muharrem Ince eut promis la même chose. Ce dernier a mené une campagne énergique en promettant notamment d'inverser le passage à un régime présidentiel qui deviendra effectif après ces élections, au terme d'un référendum constitutionnel remporté par le président en avril 2017. Pour M. Erdogan, cette réforme qui supprime notamment la fonction de Premier ministre et permet au président de gouverner par décrets, est nécessaire afin de doter le pays d'un exécutif fort et stable. L'opposition mobilise des milliers d'observateurs pour surveiller les urnes Le parti prokurde de la Démocratie des peuples (HDP), n'a pas rejoint formellement l'opposition, mais il partage certaines de ses vues, notamment le rejet de l' "hyperprésidence" voulue par Erdogan. Le candidat du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, a été contraint de faire campagne depuis une cellule de prison: accusé d'activités "terroristes", il est détention préventive depuis 2016. "Je suis persuadé que le résultat sera excellent", a-t-il toutefois écrit sur Twitter après avoir voté depuis sa prison. L'un des facteurs déterminants de ce double scrutin sera précisément le vote de l'électorat kurde. Si le HDP franchit le seuil de 10% des voix permettant d'entrer à l'Assemblée, l'AKP pourrait perdre sa majorité parlementaire. Mais s'il échoue à franchir ce seuil, alors l'AKP récolterait, par redistribution, la plupart de ses voix. Craignant des fraudes, en particulier dans le sud-est à majorité kurde, opposants et ONG ont mobilisé plusieurs centaines de milliers d'observateurs pour surveiller les urnes. Après avoir voté dans son fief de Yalova (nord-ouest), M. Ince a indiqué qu'il se rendrait à Ankara pour attendre les résultats devant le siège de la haute autorité électorale.

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