L’investissement au niveau des wilayas : Les limites d’une politique

Les mesures prises depuis quelques mois visant l’encouragement de l’investissement privés au niveau local, sans doute pour pallier aux graves problèmes financiers auxquels fait face l’Algérie depuis la chute du prix du pétrole sur les cours mondiaux et la panique qui s’en est suivie ont, sans doute, contraint nos dirigeants à aller lorgner ailleurs, à la quête de nouveaux artifices économiques susceptibles d’atténuer, autant se faire que peut, les effets de la crise et ses répercussions sociales dans un pays ou presque tout est importé et où le modèle de consommation s’apparente beaucoup plus à de la gabegie, du fait que les consommateurs ont, de tout temps, été dotés d’un pouvoir d’achat, certes inégal, mais qui provient d’une redistribution des plus injuste d’une pseudo richesse provenant exclusivement de la rente pétrolière. Et si la crise persiste ? Une question ou plutôt un cauchemar que l’on veut, à tout prix, occulter. Un tel scénario, fait, en effet, frémir le monde d’en haut qui craint une rupture du ‘’poil de Mouaouiya’’ auquel la paix sociale est désormais, sommairement suspendue. Il faut et en urgence trouver de l’argent frais. Une réponse somme toute trouvée. Mais comment rétorqueront les contingents d’alarmistes pessimistes ? En fait, toute la difficulté est là, dans un pays où l’on a perdu les vertus du travail et où, depuis des lustres déjà, on est rémunéré juste pour ne rien faire. Le gouvernement semble tétanisé par une éventuelle obligation d’aller, par exemple, vers la compression du personnel dans les administrations et les entreprises publiques, la suppression des subventions y compris celles des produits indispensables, la suppression en partie ou en totalité des aides accordées aux couches sociales vulnérables, l’abandon des projets de logements sociaux voire des équipements publics, pour maintenir la population, juste sous perfusion. Pis encore, on peut se retrouver incapables de rémunérer les fonctionnaires et assurer la pension des retraités. Le pire des scénarii. Abdelmalek Sellal, n’a pu cacher son inquiétude en déclarant, lors de la rencontre gouvernement-walis, tenue le 12 et le 13 novembre 2016, qu’aucun rajout au budget de fonctionnement de l’Etat, ne sera, désormais, admis feignant oublier que quelques mois auparavant, il tenait les discours les plus optimistes quant à la bonne santé financière du pays et la disponibilité d’un matelas financier assez confortable pour nous mettre à l’abri des secousses. Cela voudrait, tout simplement dire, que l’amélioration rapide des cours du pétrole tant espérée, s’est avérée, en fait, une simple vue de l’esprit, en dépit des efforts déployés par la diplomatie Algérienne au sein de l’OPEP, notamment, pour faire baisser l’offre excessive de l’énergie fossile qui plombe actuellement les cours. Dans sa course effrénée pour trouver des solutions miracles, comme dans son affolement brouillement manifesté pour siphonner l’argent circulant dans les circuits parallèle ou le lancement du défunt crédit obligataire, le gouvernement a tenté de faire appel au génie des Algériens, aux promoteurs, aux entrepreneurs et aux investisseurs nationaux pour lancer leurs propres projets. L’essentiel c’est de créer la richesse et embaucher une partie de la main d’œuvre abondante et pourquoi pas exporter des produits finis et concurrentiels vers les marchés étrangers. C’est-à-dire demander, alors que le temps nous est plus que jamais compté, aux particuliers de réaliser en quelques mois seulement, ce que les centaines de milliards de dollars n’ont pu inspirer la création pendant un peu moins de trois décennies. Pis encore, on s’est mis à accorder des facilitations tous azimut aux investisseurs potentiels, en leur simplifiant les procédures d’accès aux assiettes foncières à la faveur de la circulaire ministérielle N° 001 du 06 Aout 2015 qui a enterré le CALPIREF, accusé de lourdeur bureaucratique qui affecte l’entrepreunariat et altère l’enthousiasme et l’engouement des investisseurs. Il a été même question, en raclant les fonds de tiroirs de l’Etat, de créer des zones d’activités pour accueillir les investissements dont les dossiers se comptent, parait-il, par milliers voire plus. Pourtant, nul n’ignore et au vue des précédentes expériences, que dans le lot des investisseurs qui se bousculent au portillon, ils y a une forte proportion de spéculateurs attirés par la possibilité de réaliser des gains faciles, qu’il est difficile de débusquer. Pour ceux qui manifestent une certaine honnêteté, ils leurs faut une forte dose de témérité pour obtenir des terrains disposant des viabilités nécessaires, indemnes de toutes contraintes juridiques ou naturelles et disposer par la suite des autorisations, des permis de construire, des crédits bancaires, des facilitations fiscales et parafiscales promises, d’une main d’œuvre qualifiée, des matières premières et tutti quanti. Combien de temps, une telle démarche, prendra –t-elle, pour permettre de créer des entités économiques capables de générer des cash-flows, qui plus est, à une échelle macro, pour couvrir les déficits liés à la baisse des recettes pétrolières alors que le pays a besoin pour son fonctionnement et pour nourrir les millions de ventres et habiller autant de dos, de devises fraiches, maintenant et pas demain. Une situation, qui laisse présager des doutes et des incertitudes pour le proche avenir et où l’on est plutôt tenté de dire que le gouvernement, ne va pas tarder à se cogner la tête sur le mur de l’amère réalité. A moins d’un miracle de voir, enfin, les marchés pétroliers reprendre des couleurs ou se voir obligé de se préparer déjà pour une économie de guerre…  

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