Loi de finances 2017 : L’État devra-t-il s’endetter pour payer les salaires ?

baba-ammi-npSamira Ghrib   Le projet de loi de finances pour 2017 a été présenté hier, par le ministre de Finances, M. Hadji Baba Ammi, à l’Assemblée populaire nationale. Un budget qui consacre l’austérité dans les faits avec une hausse des taxes et une baisse des transferts sociaux. Les débats à l’APN n’ont pas  pour autant été marqués par les actions spectaculaires que l’Hémicycle a connu, il y’a de cela une année.   Les députés se sont attelés, dans une sorte de résignation, à mettre en avant la stérilité des dispositions prises dans le cadre de la loi de finances 2017 face à une crise qui ne fera que s’aggraver. Cette loi est qualifiée souvent de replâtrage par les députés de l’opposition, qui considèrent que les mesures prises ressemblent plus à des dispositions transitoires devant permettre de tenir un certain cap, dans l’espoir de voir les cours du brut remonter. C’est le cas du député de l’Alliance de l’Algérie verte, M. Youcef Khebaba qui estime que la loi de finances pour 2017 « n’apporte aucune réforme, contrairement à ce qui a été promis par le gouvernement ». Celui-ci précise qu’en lieu et place d’un nouveau modèle économique la LF 2017, n’apporte que  « nouvelles  taxes, impôts et amendes  et n’apporte aucune solution et alternative économique devant permettre de s’adapter à la nouvelle réalité induite par la baisse des cours du brut ». Il estime qu’au contraire, les dispositions législatives induisent un « renoncement de l’Etat à certaines de ses prérogatives en matière de foncier économique au profit d’une certaine caste de patrons ». Il met aussi en doute l’efficacité des mesures pour la prise en charge du déficit du Trésor, devenu abyssal, critiquant au passage l’épuisement des réserves du Fonds de régulation des recettes et l’usage des ressources de l’emprunt obligataire pour le financement du budget. « Ce qui revient à dire que l’Etat s’endette pour payer les salaires », explique-t-il. « Nous naviguons à vue, le financement du budget de l’Etat risque d’être problématique en 2018. Malgré les mesures prises,  la situation risque de connaître un glissement dangereux sur le plan social, dès la mi-2017 », conclut-il.

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