L’opposition fustige Ahmed Ouyahia

  Les députés de l’opposition ont vivement réagit aux accusations du Premier-ministre et les propos tenus lors de ses réponses face aux députés jeudi. Ils ont estimé que celui-ci a donné la division, le discours éradicateur et est passé à côté de l’exercice.
MSP : « un discours qui révèle la tendance éradicatrice du Premier ministre »
Nacer Hamdadouche, chef du groupe parlementaire MSP a indiqué dans une déclaration en marge de la session plénière de l’APN qu’Ouyahia a émis « un message négatif à la population au moment où celle-ci avait besoin d’être rassurée et rassérénée ».  Interrogé à propos des accusations portées contre l’opposition, M. Hamdadouche a estimé que le Premier ministre « n’a pas le droit de distribuer ce genre d’accusations et ce genre de jugements de valeurs. » «  Il aurait dû démonter qu’il était le Premier ministre de tous les Algériens et de toutes les formations politiques. Ce qu’il n’a pas fait », a-t-il indiqué. Et d’ajouter qu’Ouyahia « a exprimé une tendance éradicatrice  et méprisante. Il voulait s’attaquer aux partis de l’opposition.  il ne veut pas écouter, il ne croit ni au dialogue ni à l’alternance au pouvoir. Il a fermé la porte à un dialogue national global comptant toutes les composantes de la classe politique ». Le député MSP s’est révolté quant aux propos tenus par le Premier ministre concernant feu Cheikh Mahfoud Nahnah, estimant que c’est « la dernière personne à avoir le droit de parler de Nahnah ». Et d’expliquer qu’Ouyahia « a pris part au régime et au pouvoir qui a commis des crimes à l’encontre de Nahnah , à savoir les fraudes aux élections présidentielles de 1995 et législatives de 1997 et qui lui a interdit de se présenter en 1999. Nahnah a souffert de la traitrise de ce régime dont a fait partie Ouyahia ».
FJD : « Calculs politiques et division »
Pour le député FJD, Lakhadar Benkhelaf en tenant un tel discours, Le Premier ministre cherche à diviser l’opposition. Il regrette le fait que le Chef de l’Exécutif « n’a pas changé de discours depuis 1997. Au moment où le pays passe par des moments difficile  et a besoin de la mobilisation et des efforts de tous » Il considère par ailleurs que « les solutions proposées par le gouvernement, notamment le recours au financement non conventionnel, et dont les effets négatifs apparaîtront d’ici quelques mois ne sont que des calmants administrés dans le but de servir des calculs politiques ».  et d’ajouter que le gouvernement cherche à « gagner du temps  et profiter de ces financements pour ne pas imposer de nouvelles taxes et impôts au citoyens d’ici là ».
FFS : « l’opposition est incontournable »
Le député  et membre du secrétariat national du FFS, Djamel Bahloul a de son côté estimé que e discours du Premier ministre « était démagogique et méprisant ». Il affirme que «  l’opposition est une composante incontournable de la scène politique ». Et d’ajouter qu’Ouyahia n’a pas le droit de « juger de la représentativité de l’opposition ». il a également critiqué le processus électoral qu’il qualifie d’entaché de fraude. «Si les élections étaient transparentes on verrait qui est le plus représentatif. Malheureusement, l’opération électorale est entachée. Résultat, c’est une majorité préfabriqué qui a squatté la représentativité », a-t-il dit. Bahloul a également vivement critiqué le recours au Financement non conventionnel qu’l qualifie d’« aventure représentant un danger pour le pays et qui peut mener l’effondrement de l’Etat ». Il regrette le fait que le chef de l’exécutif aient considéré « les vraies solutions comme illusoire ». Pour M. Bahloul, la vraie solution à la crise économique, à la crise de gouvernance et de confiance réside dans « le consensus entre tous les Algériens construire une alternative à ce système qui a mené le pays à la faillite ».
PT : «  du refus de reconnaître les responsabilité politiques »
Fidèle à lui-même, le Parti des travailleurs amis en cause le rôle de politiques économiques jugées trop libérales dans la crise actuelle. Dans un communiqué le groupe parlementaire PT  a regretté le fait que le Premier ministre n’ait « pas répondu à l’essentiel »  de ses préoccupations. Il estime aussi que le Chef de l’exécutif «  a tenté de justifier la crise actuelle par la seule chute des cours du pétrole, refusant ainsi de reconnaître la responsabilité des politiques mises en œuvre depuis des années ». Le PT considère que « le marasme actuel est né essentiellement de l’absence de contrôle  et de protection du patrimoine national et des deniers publics, ce qui a ouvert la voie à la prédation et au pillage des biens de la collectivité nationale. »  

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