Marché européen du gaz : l’Algérie joue la carte de la fiabilité

  Le ministre de l’Energie était mardi à Bruxelles pour participer Réunion de haut niveau de dialogue énergétique Algérie-UE. Une réunion qui intervient d’ailleurs à un moment crucial, dans la mesure où les contrats de vente de gaz de la Sonatrach avec ses partenaires européens arrivent à terme à l’horizon 2018-2019. Il s’agissait donc pour M. Noureddine Boutarfa de poser les jalons de renouvellement des contrats, au moment où certains des clients traditionnels de l’Algérie émettent des doutes  quant à la possibilité de recourir à nouveau à des contrats de long terme. Pour ce faire, le ministre de l’Energie a clairement joué la carte de la fiabilité en indiquant que l’Algérie n’aura  aucune difficulté à approvisionner le marché européen en gaz. C’est ainsi qu’il a insisté à Bruxelles sur l’intensification de l’effort  d'exploration en Algérie pour répondre aux besoins énergétiques du marché intérieur  et, également, pour "consolider" sa position d'acteur "fiable" sur le  marché international. Il a dans ce sens rappelé que l’Algérie est le plus  grand producteur de gaz naturel en Afrique et 3ème fournisseur de gaz  naturel de l’Europe après la Russie et la Norvège, et que celle-ci vise à  "maintenir la place" qu'elle détient dans le marché européen du gaz  naturel. Et d’ajouter que l’Europe est "le marché le plus  important pour le gaz algérien". Le ministre a rappelé que le secteur algérien de l’énergie a engagé un plan de développement des  ressources hydrocarbures, qui a permis pour la première fois depuis près  d’une décennie d’accroître la production en 2016, avec une forte  augmentation des exportations, notamment de gaz naturel. "Cette croissance de la production notamment gazière va se poursuivre de  manière soutenue sur le moyen terme et au-delà, avec une hausse du  potentiel d’exportation de gaz naturel", a-t-il expliqué, faisant remarquer  que cette hausse de la production vient "conforter la sécurité  d’approvisionnement de l’UE en gaz naturel". Il faut rappeler dans ce sens que le ministre italien du développement économique a indiqué la semaine dernière au quotidien milanais Il Sole 24 Ore que son pays n’entendait pas renouveler son contrat d’achat de gaz par gazoduc à long terme. Ce à quoi le ministre de l’Energie a réagi en affirmant que cette position était mue par l’intention de l’Algérie de valoriser son gaz en le transformant localement. C’est d’ailleurs ce qui justifie les propos tenus par le ministre mardi à Bruxelles, lequel a insisté sur la capacité de l’Algérie de produire assez de gaz pour le valoriser localement et pour maintenir sa position sur le marché du gaz naturel. Il semble cependant, que certains clients européens entendent faire pression sur leurs fournisseurs traditionnels de gaz, dans la mesure où le contexte du marché gazier s’est transformé ces dernières années avec l’apparition de nouveaux outsiders  notamment dans le bassin oriental de la Méditerranée,  l’Afrique de l’Est ainsi que le développement de nombreux projet de GNL dans la zone Pacifique. Consciente de ces enjeux, Sonatrach a, d’ores et déjà, décidé d’introduire plus de flexibilité sur ses contrats à long terme en les portant de 25 ans à 15 voire 10 ans.  Elle mise sur la sécurité des approvisionnements qu’elle garantir contrairement à certains fournisseurs de GNL sur le marché spot qui peuvent se montrer très volages.

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