Maroc/Iran: l’Algérie rejette les propos « totalement infondés » du MAE marocain

  Les autorités algériennes ont rejeté mercredi les propos "totalement infondés", tenus par le ministre marocain des Affaires étrangères, à l'occasion de l'annonce de la rupture des relations diplomatiques entre son pays et l'Iran, et mettant "indirectement en cause l'Algérie", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif. "L'ambassadeur du Royaume du Maroc a été reçu, ce jour, par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères qui lui a fait part du rejet par les autorités algériennes des propos totalement infondés mettant indirectement en cause l'Algérie, tenus par son ministre des Affaires étrangères à l'occasion de l'annonce par ce dernier de la rupture des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et la République Islamique d'Iran", a souligné le porte-parole du MAE dans une déclaration à  l'APS.
 
Le Front Polisario dément le "mensonge" du Maroc
Le Front Polisario a également qualifié de "grand mensonge" l'affirmation du Maroc selon laquelle le Front Polisario entretient des relations dans le domaine militaire avec l'Iran, défiant Rabat de présenter des preuves de ses "fausses allégations", après avoir décider de rompre ses relations avec Téhéran "en raison de son soutien au Polisario". Le coordinateur du Front Polisario avec la Minurso, , a indiqué que l'action de Rabat obéit à un "petit opportunisme politique" qui vise à "contourner la reprise des négociations politiques directes demandée par l'Onu" pour le règlement du conflit du Sahara occidental à travers un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui, un processus en cours depuis le cessez-le-feu de 1991. Rappelons que les propos du ministre marocain des Affaires étrangères interviennent au lendemain de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU, vendredi dernier, de la résolution 2414 qui réaffirme le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et appelle les deux parties au conflit, le royaume du Maroc et le Front Polisario, à des négociations "sans conditions préalables et de bonne foi", sous les auspices du Secrétaire général de l'ONU, et prorogeant le mandat de la Minurso de six mois. "C'est une mascarade et un grand mensonge. Le Maroc cherche une protection de son retrait des négociations (avec le Front Polisario) qui devraient conduire à une consultation, l'autodétermination de l'ancienne colonie espagnole, conformément au plan de règlement onusien", a expliqué M'hamed Khadad. "Nous mettons au défi le Maroc de fournir la moindre preuve, le Maroc vit dans la folie et ne sait pas comment sortir de son obligation de dialogue", a conclu le responsable sahraoui.
Et Téhéran …
L'Iran a de son côté a démenti "fermement" les déclarations "mensongères" du Maroc sur une prétendue coopération de Téhéran avec le Front Polisario, déplorant que de tels propos servent de "prétexte" à une rupture diplomatique, indique mercredi le ministère iranien des Affaires étrangères. "Les propos attribuées au ministre des Affaires étrangères marocain (Nasser Bourita) sur une coopération entre un diplomate iranien et le Front Polisario" sont "mensongères", précise le ministère dans un communiqué Les autorités iraniennes soulignent dans ce sens que "cette affaire est totalement dénuée de fondement", indiquant que l'Iran a toujours eu comme ligne de conduite le "respect" des pays avec lesquels la République islamique entretient des relations diplomatiques, et "la non ingérence dans (leurs) affaires intérieures". Pour rappel, le Hezbollah libanais, qui a rejeté les accusations de Rabat, a imputé mardi la décision marocaine à des «pressions» étrangères. Les Etats-Unis, Israël et l’Arabie saoudite, deux alliés historiques de Washington, n’ont de cesse de critiquer les « ingérences s et «l’ambition dominatrice » de l’Iran au Moyen-Orient

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *