Message de Bouteflika : un appel à candidature

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, vient d’adresser un message aux algériens à l'occasion de la fête de la victoire. Au delà des rappels historiques et autres hauts faits d’arme, le chef de l’État s’est appliqué à relancer le débat politique. Dans sa lettre, le president considère que « (…) la scène politique doit connaitre une diversité, une confrontation de programmes et une course au pouvoir, cependant il est du devoir de tout un chacun de contribuer à ce mouvement démocratique pluraliste en plaçant l'Algérie et les intérêts suprêmes de son peuple au dessus de toute autre considération. (…)» Contrairement à ses habitudes depuis sa maladie, le president Abdelaziz Bouteflika retrouve toute sa « loquacité ». De nombreux messages lus en son nom avaient été adressés, en si peu de temps, aux algériens qui semblent s’être accommodés de ce moyen de communication. La dernière missive en date, lue ce lundi à l’occasion de la fête de la victoire coïncidant avec le 19 mars, semble revêtir beaucoup plus un caractère « électoraliste » qui ressemble à un appel à candidature. A presque une année des prochaines élections présidentielles, hormis Belaid Abdelaziz qui semble intéressé mais reste tributaire de la décision du congrès de son parti qui aura lieu dans quelques mois, aucun candidat potentiel ne semble afficher ses ambitions. L’on assiste à une véritable désertion du champ politique à tel point que la majorité des acteurs se détournent de la course à la magistrature suprême du pays. Si pour beaucoup c’est la désillusion, pour d’autres, échaudés par de précédentes mauvaises expériences, c’est le dépit sinon la crainte d’un probable manque de transparence. Au sein de l’opposition, c’est le wait and see observé avec la réserve de ne se présenter que s’il n’y aura pas de 5eme mandat. Car il serait hors de question de prendre part à ce que certains partisans désignent de « tartufferie ». Ce qui n’est pas le cas des alliés du president qui se refusent même d’y penser tant que Abdelaziz Bouteflika n’aura pas « abdiqué ». Ce refus de cultiver une telle ambition relève beaucoup plus de la phobie que du « respect » dû à un patriarche et que l’on tente d’afficher faussement. D’ailleurs, le FLN, le RND, TAJ ainsi que le MPA n’osent même pas imaginer un autre candidat à la présidence de la république en dehors de Bouteflika à qui ils promettent fidélité éternelle. Or, cette situation ne semble plus réjouir mais dérange beaucoup plus, notamment dans le cas ou Bouteflika décidera de briguer un 5eme mandat présidentiel. Courir seul écorchera l’égo du candidat comme cela a été le cas en 1999. Cela le sera encore plus dans le cas de la seule présence de quelques maigres lièvres.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *