Nord-est du Nigeria: cinq morts dans un attentat-suicide contre une mosquée

  Au moins cinq personnes ont été tuées lundi dans un attentat-suicide dans le nord-est du Nigeria, épicentre des violences du groupe Terroriste Boko Haram, a indiqué un membre des milices civiles qui combat aux côtés de l'armée nigériane. L'explosion a eu lieu à l'aube dans une mosquée à 15 km au nord de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno, a expliqué Ajiri Yala, à la tête de la CJTF (Civilian Joint Task Force) locale.  "Un kamikaze déguisé en fidèle est rentré dans la mosquée à l'heure de la prière du matin", a-t-il raconté à l'AFP par téléphone. "Il a déclenché sa ceinture explosive, tuant 5 personnes et en blessant de nombreuses autres", a-t-il ajouté.  La faction de Boko Haram dirigée par Abubakar Shekau n'a pas l'habitude de revendiquer ses attaques, mais le procédé utilisé (attentat-suicide contre des civils) est la marque du groupe. Les mosquées sont des cibles privilégiées pour les extrémistes de Shekau, qui considère que tout civil qui n'a pas rejoint Boko Haram est un ennemi et soutient le gouvernement d'Abuja. Dimanche, un milicien posté à un check-point dans le quartier de Muna, à Maiduguri, a été tué et un autre blessé par deux femmes qui se sont fait exploser en fin d'après-midi. La semaine dernière, un triple attentat-suicide avait fait 14 morts à la sortie du camp de déplacés de Muna. Les Nations Unies, qui coordonnent les activités humanitaires dans la région, se sont dit "très préoccupées" par les attaques constantes dans les camps de déplacés. Près d'un million de personnes se sont réfugiées à Maiduguri, et 2,6 millions de personnes ont dû quitter leur foyer dans la région du lac Tchad.  Bien que Boko Haram ne contrôle plus de vastes territoires, comme ce fut le cas jusqu'en 2015, de nombreuses régions dans le nord-est restent inaccessibles et très vulnérables aux pillages et tueries.  Le district de Madagali n'est pas très loin de la forêt de Sambisa, bastion de la faction d'Abubakar Shekau, qui était censée avoir été "nettoyée" de ces groupes en décembre dernier par l'armée nigériane.  Mais pour M. Maina, "ils trainent encore" dans les villages reculés qui se situent autour de Sambisa, et l'armée n'est pas suffisamment présente. Le nord-est du Nigeria est une vaste région difficilement accessible, notamment pendant la saison des pluies.  La semaine dernière, une autre attaque de Boko Haram, revendiquée cette fois par la faction rivale d'Abou Mosab Al Barnaoui (affiliée au groupe Etat islamique), a tué plus de 15 soldats à Sasawa (45 km de Damaturu, Etat de Yobe) et un nombre important d'entre eux restent toujours introuvables, selon une source militaire.  

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