Le gouvernement dévoile sa feuille de route

  Le gouvernement a enfin levé le voile sur les grandes lignes de son nouveau modèle de croissance économique.  Une synthèse du projet a été publiée sur le site du ministère des Finances, dimanche, coïncidant avec le premier jour de la campagne électorale. Bien que le document date du mois de juillet 2016, il n’est publié qu’aujourd’hui et apparaît de fait comme le manifeste d’un gouvernement sortant. Quoi qu’il en soit la feuille de route que l’’exécutif s’est tracé depuis plus d’une année affiche des objectifs ambitieux lesquels ne sont réalisables qu’à moyen et long termes. Ce dernier s’appuie sur « une approche rénovée de la politique budgétaire avec une trajectoire 2016-2019 et d’autre part une perspective de diversification et de transformation de l’économie à l’horizon 2030 ». Ainsi et sur le plan budgétaire le gouvernement met le cap sur la restauration  des équilibres budgétaire, et la mobilisation de ressources pour la couverture du déficit sans recours à l’endettement extérieur.  Il s’agit d’emblée d’améliorer les recettes de la fiscalité ordinaire  afin de couvrir à termes les dépenses de fonctionnement, réduire le déficit du Trésor, et mobiliser les ressources susceptibles de couvrir le déficit sur le marché financier national. Le document propose aussi une vision de l’Algérie à l’horizon 2030 avec des objectifs pour le moins ambitieux. Il s’agit d’atteindre un taux de croissance  du PIB hors-hydrocarbures de 6,5 % par an entre 2020 et 2030, de multiplier par 2,3 du PIB per capita, de doubler la part de l’industrie manufacturière, en termes de valeur ajoutée à 10 % du PIB à l’horizon 2030, de moderniser le secteur agricole , d’assurer la transition énergétique et de diviser par deux le taux de croissance de la consommation interne d’énergie de +6% par an en 2015 à +3% par an à l’horizon 2030 et enfin de diversifier les exportations permettant de soutenir le financement de la croissance économique accélérée.   Mea culpa Le texte sonne aussi comme un mea culpa, avec une reconnaissance tacite des dysfonctionnements du modèle de gestion de l’économie nationale largement assise sur la contribution de la rente pétrolière. Il est ainsi indiqué que si ce modèle a permis la réalisation de nombreuses infrastructures de base et de réduire sensiblement le taux de chômage, la choc pétrolier démontre aujourd’hui que celui-ci est assis sur « une base fragile ». D’où « l’urgence de construire un nouveau modèle économique qui passe par de profondes transformations structurelles, en vue d’assurer une croissance économique accélérée et une équité sociale affranchie de la dépendance des hydrocarbures ». Pour réaliser l'objectif de diversification, la nouvelle politique du  gouvernement compte sur la dynamique des secteurs en développant de  nouvelles branches qui prendront le relais des hydrocarbures et du BTP. Il s’agit ainsi de diversifier l’économie, d’impulser une nouvelle dynamique de création  des entreprises, de diversifier le potentiel d’exportation et d’assurer la transition énergétique et mettre le cap sur le renouvelable afin de dégager des excédents d’hydrocarbures à l’export. Pour ce faire, les recommandations du gouvernement sont regroupées sur six axes "stratégiques". Le premier  porte sur la stimulation de la création d'entreprises en Algérie.  Le deuxième axe concerne le financement de l'investissement à travers la  mise en place d'un "véritable système national d'investissement dans les  équipements publics, la reprise de la réforme du système bancaire et le  développement d'un marché des capitaux. Le troisième axe des recommandations porte sur la politique industrielle  dont l'objectif de diversification projeté sur la prochaine décennie impose  de fortes accélérations de la croissance des secteurs. Le quatrième axe concerne la territorialisation du développement  industriel par la réorganisation de la gestion du foncier industriel et son  intégration avec notamment la révision des missions de l'ANIREF et  l'élaboration d'un nouveau programme de zones. La cinquième axe des recommandations met en exergue la nécessité d'assurer  la sécurité énergétique et la diversification des ressources énergétiques,  et ce, à travers un programme d'efficacité énergétique couplé à un  programme industriel et technologique de développement des énergies  renouvelables et de sécurité énergétique. Le dernier axe porte sur la gouvernance du nouveau modèle de croissance

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