Nouvelle réalité

Screenshot from 2016-03-07 21-23-29   Le monde a changé. Pourtant notre vision reste la même. Déformée par le prisme de la rente, elle oriente nos regards, anesthésie notre intelligence et alimente cette obsession pour le brut. Elle nous empêche même de voir une nouvelle réalité avec laquelle on devra vivre, bon gré, mal gré. Le temps de la rente est bel est bien fini et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Cèdera-t-on encore une fois aux chants des sirènes, de ces gourous de l’impossible qui promettent et rassurent? Ira-t-on jusqu’à croire, encore une fois, que les cours du brut vont bientôt se redresser? Et supposons même que ce satané baril reprenne de sa vigueur, renouera-t-on pour autant avec le train de vie que le pays a connu jusqu’à présent et permettra-t-il une nouvelle fois toutes les folies? La Baraka semble avoir abandonné ce pays, et le désespoir pousse certains à divaguer, à la rechercher dans le retour aux affaires de politiques écartés! L’art de l’impossible permettra-t-il de transcender cette nouvelle réalité, ou juste de la masquer ! Référence ultime de nos prévisionnistes, le Fond monétaire international ne prévoit qu’une très légère remontée des cours, à peine 50 dollars le baril, d’ici à 2020. Ce ne sont que des prévisions me dira-t-on, sujettes à discussions. Pourquoi s’enfoncer dans des débats de prévisionnistes, s’attacher à ce point à l’art de l’incertain et asseoir ses politiques économiques sur des éléments très aléatoires. Au mal qui touche les exportateurs de pétrole, les symptômes ont été identifiés et les ordonnances préétablies. Thérapie de choc prévoyant suppression des subventions, endettement public et privatisations. L’horizon semble s’assombrir, d’autant que des mesures sérieuses, que les solutions et politiques alternatives à cette thérapie de choc tardent à venir. La gestion de l’instant risque de nous enfoncer chaque jour un peu plus dans la crise. En attendant, les seules alternatives présentées se cristallisent dans un « nouveau modèle économique » aux contours encore flous, et un emprunt « pour la croissance » économique qui se propose de capter 2000 milliards de dinars, de ressources bancaires au profit du Trésor et qui plus est, englué dans un débat d’un autre temps. De grâce ! Soyons pour une fois sérieux et décidons de nous dire la vérité : le baril n’alimentera plus nos travers, ni un train de vie loin de refléter notre contribution à la création de valeur ajoutée... M.R.B.  

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