Origine des fonds : Loukal dénonce l’excès de « zèle » des banques

  Le gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohamed Loukal persiste et signe. Les banques devront centrer leurs efforts sur la collecte des ressources financières non bancarisées, le renseignement financier n’étant pas de leur ressort. Le premier responsable de l’autorité monétaire a d’ailleurs tenu à dénoncer le « zèle » dont font preuve les banques lorsqu’il s’agit de collecter des informations sur l’origine des fonds déposés au niveau de leurs guichets. À l’ouverture des travaux du symposium sur la place financière, mardi à Alger, le gouverneur de la BA a d’abord rappelé que plus 4.780 milliards de dinars, soit le tiers de la masse monétaire en circulation, échappe encore au circuit bancaire. Avant d’ajouter que pour remédier à cela « beaucoup d’efforts ont été consentis pour améliorer l’inclusion financière », sans grand succès. La raison de l’échec est expliquée selon M. Loukal par le fait que le système bancaire se soit « enfermé dans une situation qui l'a amené, en voulant développer du zèle dans la loi sur la lutte anti-blanchiment, à aller à l'encontre de cette loi ». Le fait est que selon le patron de la BA, il existe des dérives qui sont le fait des banquiers. Il conte d’ailleurs l’anecdote de ce « client d'une agence bancaire depuis 20 ans qui a vendu un bien immobilier. En se présentant chez sa banque avec un chèque du trésor obtenu auprès du notaire pour le verser sur son compte, est stupéfait de voir sa banque lui demander l'objet de l'opération ». Plus qu’une anecdote, M. Loukal parle de dérive que la loi interdit. Celui-ci explique d’ailleurs que de l’origine des fonds, les banques sont allées jusqu’à demander l’objet de l’opération. Or, poursuit-il « on touche à la dignité du client lorsqu’on demande l’objet de l’opération ». Pour M. Loukal l’autorité monétaire a dressé « une frontière imperméable entre la collecte de la ressource et le renseignement financier. la collecte de la ressource est du ressort des banques, le renseignement financier est du ressort d'autres instances qui doivent agir en toutes circonstances ». Moins conciliant, le gouverneur de la Banque d’Algérie estime que la collecte de la ressource va devenir, bon an mal an, une priorité pour les banques. Et de préciser que si la politique monétaire a été accommodante jusqu’à aujourd’hui, cela risque de vite changer. « Le refinancement de la Banque d’Algérie sera plus coûteux, ce qui poussera les banques à collecter des ressources moins coûteuses », en allant chercher les clients, a-t-il avertit. Affirmation qui augure d’une hausse significative des taux directeurs.

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