OÙ VA LE FLN ?

Le sénateur Abdelwahab Benzaïm traduit devant la commission de discipline du FLN comparaitra, ce 13 mars. Ce membre du comité central reste convaincu que la décision de sa radiation des rangs du parti pour avoir demandé le départ de la ministre de l’Education, Mme Nouria Benghabrit, « a déjà été prise ». Selon ce frondeur, sa comparution devant ses paires relève simplement de « la formalité ». Il crie à l’injustice et appelle les membres du CC ainsi que ses collègues parlementaires à se joindre à son combat et chasser le SG du FLN, Djamel Ould Abbes. L’appel risque d’être vain du fait de précédents qui avaient marqué les annales de ce parti qui s’est distingué depuis l’avènement du multipartisme par une série de limogeage et de putschs passés tous sous silence. L’on se rappelle l’éviction de Mouloud Hamrouche, ou celle de Boualem Benhamouda, et encore celle de Abdelhamid Mehri, ainsi que la discrédit d’Ali Benflis en arrivant à Belkhadem et enfin de Amar Saidani. Tous avaient participé à renverser le SG en poste pour « hériter » de sa place à la faveur des cercles décideurs. Tous avaient connu la même fin et eurent le même sort, celui d’etre disgraciés sans aucun égard et dans des conditions parfois humiliantes qui n’ont rien à voir avec le principe démocratique foulant au pied les statuts et règlements du parti. L’ex. parti unique est resté le même, unique en son genre. Cela fera dire d’ailleurs à un ancien cadre du FLN que « sous Djamel Ould Abbes, l’on est passé du sordide (en parlant de Amar Saidani), à l’ère du burlesque, narrant la manie de l’actuel SG du parti de vouloir tout ramener à lui et « s’autoproclamant un coup ancien condamné à mort, un autre inventeur, docteur par-ci, porte parole de la famille du president, par-là, se couvrant souvent de ridicule !» En réalité, le cas Benzaim n’est qu’une goutte d’eau dans un océan. Douze membres du comité central avaient été limogés par le passé sans que personne ne lève le petit doigt. C’est le cas des redresseurs dont Abderrahmane Belayat, Amar Tou, Abdelkader Msebbak et Kassa Aissi qui furent exclus du parti sans même être jugés par une quelconque commission de discipline. Benzaim, Tliba and co ne sont que cet arbre qui cache la forêt. Ils auraient juste commis l’impair de ne pas observer les desseins prévus et les enjeux, c’est à dire ceux d’aller vers un 5eme mandat en rang serré. Benzaim qui reste selon certains militants du FLN « une erreur de casting » aurait « péché en ne comprenant pas qu’on s’achemine vers un mandat présidentiel unique, c’est à dire à vie, tel est l’enjeu suprême » assure un ancien parlementaire du vieux parti unique. Le véritable problème que doivent poser les cadres du FLN serait, selon ce cadre du parti est celui de savoir « Où va le FLN ?». Ce dernier reproche à Ould Abbes de vouloir se mettre toujours de l’avant et de « trop parler de lui au lieu de parler du programme du FLN et de ses objectifs ». « Gagner des sièges et perdre son âme ne fera pas du FLN un grand parti », dira-t-il. « Le parti est privatisé, le parlement qui avait la mission de contrôler et interpeler le gouvernement est structuré sous l’égide de ce dernier et cela à des fins politiques inavouées », affirme un autre cadre du parti qui déplore le fait que la commission de discipline siège sans la tenue du CC qui devait se tenir fin 2017 avant d’être reporté une première fois pour le 19 mars et n’a toujours pas eu lieu tout comme le renouvèlement des structures. »    

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