Ouyahia défend son bilan

  Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a affirmé samedi à Alger que les résultats réalisés par l'Algérie en 2017 étaient "corrects", malgré une crise économique sévère due à une chute drastique des cours du pétrole. S'exprimant lors d'une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan du gouvernement, M. Ouyahia a avancé que l’économie nationale avait enregistré en 2017, un investissement de l'ordre de 3.500 milliards DA (environ 30 milliards de dollars américains) par le biais du budget public et des crédits bancaires. "Nous pouvons rajouter à ce montant (3.500 milliards DA) et sans exagération, 50% de plus, provenant des investissements directs et de l’économie parallèle", a-t-il précisé. Cette activité économique, a-t-il poursuivi, avait eu des résultats, d’abord, au niveau de la croissance nationale hors hydrocarbures, qui avait atteint 3,7% en 2017, citant des statistiques de l'Office nationale des statistiques (ONS). En incluant les hydrocarbures, qui avaient connu une croissance négative engendrée par un nombre de facteurs dont le respect de l'engagement de l’Algérie à réduire sa production conformément à la décision de l’organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), la croissance nationale globale avait atteint 2,2% durant l'année 2017, a-t-il précisé.
Une année 2018 meilleure que la précédente
Le Premier ministre, a également soutenu que les prévisions annoncent une année 2018 "sans aucun doute meilleure", sur les plans économique et social, que l’année précédente. Ouyahia a indiqué que "l’année 2018 sera sans aucun doute meilleure que l’année précédente pour plusieurs raisons à commencer par l’augmentation, par l'Etat, du volume des budgets, ainsi que la dynamique que connaissent l’économie et l’investissement depuis le deuxième semestre de 2017 et les premiers mois de l’année en cours". Revenant sur les trois facteurs précités, M. Ouyahia a expliqué sur le volet financier, l’année 2017 avait enregistré un budget d’équipement de 2.500 milliards DA, alors que le montant de ce budget, inscrit dans la loi de Finances 2018, est de 4.100 milliards DA, "donc presque le double". Selon lui, l’assainissement par l’Etat de ses dettes à l’égard des entreprises économiques nationales, en consentant, une enveloppe financière de plus de 700 milliards DA, figure aussi parmi les facteurs permettant une amélioration des résultats de cette année, outre la levée du gel pour la réalisation de plus 1.500 projets d’un coût global de 260 milliards DA, et qui concernent des secteurs comme l’éducation, la santé, l’enseignement supérieur et les ressources en eau. S’agissant des investissements, le Premier ministre a fait savoir que l’Agence nationale de développement des investissements (ANDI) avait enregistré en 2017 et durant les premiers mois de l’année en cours, quelque 5.000 nouveaux projets d’investissements. Il a, à ce propos, cité certains grands projets, dans lesquels l’Etat a joué un rôle prépondérant, à l’image du Complexe sidérurgique d’El Hadjar, qui connaît un plan de relance, ainsi qu’un partenariat avec un groupe émirati. M.Ouyahia a également évoqué les efforts pour le doublement de la production du phosphate, dans la wilaya de Tébessa, avec l’association de quatre entreprises. Il s’agit là d’un projet de partenariat qui est sur "le seuil du démarrage et coutera 6 milliards dollars". Le Premier ministre a, par ailleurs, souligné que les mesures de limitation de l’importation prises par l’Etat et mises en vigueur depuis janvier dernier, offrent davantage de marchés nationaux aux opérateurs locaux.
Planche à billets : « la baisse du taux d'inflation dément les critiques »
Répondant aux détracteurs du recours du financement non conventionnel, le Premier ministre  a  affirmé que celui-ci a permis de réduire de taux l'inflation, contrairement à ce qui a été prévu par certains experts. "Beaucoup a été dit par les experts, qui avaient estimé que l’endettement intérieur allait entrainer de l’inflation, mais Dieu merci, et je peux vous le démontrer sur la base de statistiques, dont vous aviez déjà pris connaissance avant aujourd’hui, que si l’inflation qui était de 6% en octobre 2017, de 5,6 % en décembre 2017 et de 5,2% en janvier 2018 est passée à 4,9% en février 2018. Cela signifie et contrairement à ce qui a été dit, que l’inflation est en train de baisser un peu", a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan du gouvernement. "Si vous me demandez comment le pays a financé ses activités. Je vous répondrais que cela a été possible, non pas parce que la crise économique a expiré, mais parce que l’Etat avait recouru à un endettement intérieur. Le trésor public emprunte ainsi de la Banque centrale", a-t-il précisé devant un parterre de journalistes.
Une crise plus difficile que celle de 1986
Rappelant que le sujet du recours au financement non conventionnel avait suscité un grand débat au cours de l’année 2017, le Premier ministre a dit : "Je peux vous dire que cette dette avait atteint les 2.200 milliards DA, dont 570 milliards DA pour le budget et le reste pour relancer le réseau bancaire et le financement de la construction des logements AADL, ainsi que l’assainissement des dettes de l’Etat à l’égard de Sonelgaz et Sonatrach". Selon lui, cette mesure qui a été critiquée par certains, a permis à l’Algérie de vivre une crise des hydrocarbures "mortelle" et qui est plus difficile que celle de 1986. "Dieu merci le pays a pu y faire face grâce aux sages décisions du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dont le payement de la dette extérieur par anticipation, la création du Fonds de régulation des recettes (FFR), ayant permis au pays de se financer durant trois ans, ainsi que le recours au financement non conventionnel", a-t-il soutenu. "Cet endettement intérieur n’est pas une aventure, pour expliquer cela à l’opinion publique à travers vous les médias", a-t-il avancé. Il rappelé, en outre, que l’Etat avait choisi d’accompagner cet endettement intérieur par un programme de réforme, publié dans le Journal officiel, dans le but de rééquilibrer ses comptes intérieurs et extérieurs, ainsi qu’une redynamisation de l’économie nationale en général.

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