Ouyahia entre gêne et panique

  Tout le monde a pris pour son grade, opposition, défenseurs de la Langue Amazigh, signataire du Contrat de Rome et évidemment sans omettre Noureddine Boukrouh, par qui semblent venir tous les scandales. Et à défaut d’expliciter voire rassurer, Ahmed Ouyahia s’est distingué, ce jeudi lors de son intervention devant les parlementaires, par des propos qui ne répondent pas à l’orthodoxie politique et reflètent le peu d’arguments si ce n’est la panoplie de chiffres, langage propre au premier ministre. Des chiffres qui ne reproduisent nullement la réalité mais témoignent bien du grand désarroi du chef de l’exécutif qui reconnaît, néanmoins, que « les caisses de l’Etat etaient vides et qu’au 31 août 2017 les caisses ne contenaient à peine que quelque 50 milliards de dinars ». Un autre aveu de l’échec des politiques successives auxquelles Ouyahia a participé mais qu’il tentera de convertir en « exploits » ou du moins s’en laver les mains et mettre tout sur le dos de ses successeurs après son départ en 2012, notamment Abdelmalek Sellal. Surfant sur les chiffres qu’il ne maitrise pas souvent, jouant sur la confusion. C’est ce qui explique quelque part l’agacement du chef de l’Exécutif, excédé par trop de questions « gênantes » posées tel un piège par les députés de l’opposition qui, parfois, s’etaient montrés provocateurs dans leurs propos, et auxquelles il n’a pas de réponses. Ouyahia semble pris d’un vent de panique au point d’user d’un ton inhabituel. Poussant sa diatribe à son extrême, il n’epargnera aucune voix discordante, allant jusqu’à brandir la menace en rappelant que « le Chef de l’État est un leader entouré de son Peuple et de son Armée. » il y a de cela quelques jours à peine et craignant une fronde sociale Ahmed Ouyahia a usé de menace promettant de « sévir contre toute atteinte à l’unité nationale ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *