Ouyahia s’attaque violemment à Boukrouh et à l’opposition

  Le Premier-ministre, s’est violemment attaqué à l’opposition, ce jeudi, à l’Assemblée populaire nationale. Dans ses réponses aux préoccupations des députés M. Ahmed Ouyahia s’est illustré par la virulence de son propos. Une virulence justifiée, selon lui, par l’exercice démocratique et la libre expression qui ont marqué les trois jours de débats autour du plan d’action du gouvernement au sein de l’Hémicycle de Zighoud Youcef. Un exercice de style qui a parfois pris des allures de règlement de comptes. Celui qui a pris la précaution d’encenser le FLN, le RND, TAJ, le MPA, le groupe des indépendants ainsi que leurs représentants au sein de l’Hémicycle qu’il a qualifié de « majorité forte et solide », celle civilisé devant laquelle il s’engage à « prendre en considération ses préoccupations et ses propositions dans la mise en œuvre du plan d’action ».  Et de l’autre côté « les professionnels de l’opposition qui  ont qualifié (le régime) de système mafieux et d’État voyou ».  Il a donc tenu à « répondre en toute démocratie ». M. Ouyahia s’est d’abord attaquée, lors de son intervention devant les députés, à cette opposition qui s‘est « illustrée par son absence lorsque le pays  passait par des conditions difficiles ». « Ils ont refusé les appels au dialogue et s’en sont allés créer leurs propres alliances », a asséné le Premier-ministre, dans une attaque à peine voilée au FFS.  Il mettra même en doute la légitimité et la crédibilité des partis de l’opposition, notamment le FFS et le RCD  sur la question de l’Amazighité. «Les militants de l’amazighité n’oublieront pas comment ils ont brillé par leur absence lorsqu’il il fallait débattre et voter le projet du Président de la République concernant l’officialisation de la langue amazighe en tant que langue nationale», a-t-il dit narquois Et sur un ton défiant, M. Ouyahia s’adresse à cette opposition en prenant  « le Peuple » à témoin. « Le Peuple vous regarde. Il n’y qu’à voir comment vos militants et vos électeurs se détournent de vous  face à votre entêtement et votre extrémisme absurde », a-t-il lancé. Le Premier ministre réservera aussi son lot de provocations aux partis islamistes de l’opposition, le MSP en tête qu’il a quasiment accusé de traitrise à la voie du Cheikh Mahfoudh Nahnah « qui a préféré l’intérêt de la nation à ses intérêts personnels.. » Et au premier ministre de surenchérir en affirmant que ces brebis galeuses au sein de cette famille politique « ne savent pas ce qu’ils veulent, et ce qu’ils ne veulent pas, ils ne peuvent choisir entre révolution, dialogue et participation » et de faire dans l’hypocrisie politique.  
Boukrouh : une éclipse à laquelle il ne faut accorder aucun crédit
  Le Premier ministre s’attaquera ensuite à l’ensemble de l’opposition « celle qui n’est pas représentée au sein de l’Hémicycle ».  Il dira suivre cette opposition depuis plus de deux ans pour la voir «  se délecter des difficultés financières auquel le pays est confronté. Ils disent que l’on ne pourra plus acheter la paix sociale ».  Il la qualifiera d’opposition extrémiste « qui attend comme un loup qui guette qu'une figue tombe de l'arbre» pour souffler un vent de déstabilisation.  Et d’ajouter que ce front est irrité par la solution présentée par le gouvernement pour ce qui est du financement du budget de l’État. Au milieu de cette opposition, le Premier-ministre s’attaquera à un individu, qui semble avoir sérieusement irrité au sommet de l’Etat.   Il qualifiera, Noureddine Boukrouh sans toutefois le nommer d’« individu qui revient de temps à autre telle une éclipse solaire. Cet individu est récemment revenu  pour appeler le Peuple à une révolution ». Or, dira-t-il,  de l’auteur de l’Initiative politique qui s’est vu gratifié de nombreuses réponses aussi bien du premier ministre, que du président de l’APN, ainsi que du porte-parole du RND que « cet individu cherche à être puni pour devenir un zaïm. Le régime ne le considère pas », dans la mesure où « le peuple que cet individu a qualifié de Ghachi (la plèbe, NDLR), n’est pas susceptible de suivre un tel appel. »  
« La moindre des choses c’est de répondre »
  Le Premier ministre répondra aussi au constat d’ « échec du président de la République » émis par l’opposition en énumérant les réalisations dans l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, la santé et le logement. M. Ouyahia dira enfin que le Chef de l’État est « un leader entouré de son  Peuple et de son Armée. La population n’a pas été achetée, elle a été convaincue » dans une ultime réponse aux appels à l’intervention de l’Armée. Dans une conférence de presse organisée en marge de la session plénière, le Premier ministre a justifié la violence de son propos qui se démarque de l’exercice démocratique qu’il a pourtant vanté, par la nécessité de répondre. « Nous avons été traités de voyou et de mafia la moindre des choses c’est de répondre », a-t-il déclaré aux journalistes. « La démocratie c’est le droit à la parole de chacun. Nous avons été invités à partir et nous avons répondu », a-t-il conclut.   https://youtu.be/KD4S7Jweug4 https://youtu.be/KD4S7Jweug4

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