Pétrole :  l’accord Opep prolongé, petite hausse des cours 

  L'Opep et ses partenaires, dont la Russie, ont décidé jeudi de prolonger leurs quotas de production de pétrole jusqu'à fin 2018 pour stabiliser le redressement des prix. "Afin d'accomplir nos objectifs et de rééquilibrer le marché, nous devons continuer de travailler de manière coordonnée",  a déclaré jeudi le ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak. Après plusieurs heures de réunion, les producteurs de l'OPEP ont donc arraché à leurs partenaires extérieurs au cartel un soutien à la poursuite du pacte. Il n'était pas exclu que l'OPEP demande à la Libye et au Nigeria, exemptées d'une limitation de leur production en raison des conflits qui déchirent ces pays, de se joindre à l'effort du groupe. "Nous nous sommes volontairement limités à une production de 1,8 million de barils par jour maximum. Il n'y aura pas de baisse, je préfère le terme d'objectif à celui de baisse", a prévenu le ministre nigérian du Pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu. A l'inverse, les difficultés de production de certains pays facilitent le rééquilibrage, comme au Venezuela, en proie à une grave crise économique et politique, où les volumes sont en chute libre. Caracas, qui accuse les Etats-Unis de mener une "persécution financière" contre le Venezuela, a de nouveau menacé jeudi, par la voix de son nouveau ministre du Pétrole, Manuel Quevedo, d'arrêter de vendre du pétrole à Washington. Le prolongement de l’accord n’a cependant eu qu’un impact limité sur les marchés, avec une petite hausse des cours. Le baril de light sweet crude pour livraison en janvier, référence américaine du brut, a gagné 10 cents pour clôturer à 57,40 dollars sur le New York Mercantile Exchange. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à la même échéance a terminé à 63,57 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 46 cents par rapport à la clôture de mercredi. "Nous n'avons pas appris grand chose de cette réunion. L'Arabie saoudite domine le cartel et fait tout pour faire monter les prix du brut avant l'introduction en Bourse d'Aramco", a réagi Matt Smith de ClipperData. Présentée comme la plus grosse introduction en Bourse du monde, la vente de 5% d'Aramco constitue la pierre angulaire d'un ambitieux plan de réforme initié par le prince héritier Mohammed ben Salmane pour réduire la dépendance de l'économie saoudienne au pétrole. Néanmoins, les Etats-Unis semblent déjà profiter de la remontée des prix, "l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a dévoilé dans son rapport mensuel (jeudi) une progression de 3,2% de la production américaine en septembre à 9,48 millions de barils par jour, soit un plus haut depuis début 2015", a commenté M. Smith.

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