Phénoménale poussée informelle !

Par Azzedine Belferag   Le groupe de presse El Khabar, touché par la crise, est sur le point de céder ses actifs. Si cette opération semble se dérouler dans la transparence, d’autres transactions concernant des chaînes de télé activant en Algérie, ont été réalisées dans la parfaite opacité. Des changements de mains s’opèrent en catimini suscitant parfois des litiges et des plaintes, à l’image de Beur tv qui a changé, à deux reprises, de propriétaires. La crise qui frappe de plein fouet la presse écrite semble s’être étendue aux jeunes chaînes télé offshore. Ces dernières, de droit étranger, éprouvent de plus en plus de mal à faire face aux charges inhérentes à l’exploitation d’un service audiovisuel. Quatre années à peine après l’apparition des premières télés offshore, l’aventure semble déjà prendre fin pour certaines d’entre elles. Il fallait compter sans les frais du signal satellite qui ont fortement grimpé, d’une masse salariale importante, des charges parafiscales ainsi que des frais engendrés par la logistique et l’achat des contenus (programmes). En contrepartie, c’est la faiblesse des revenus publicitaires qui ne couvre qu’une infime partie des charges. Le déséquilibre budgétaire ne pardonne pas et pousse les propriétaires de ces télés à chercher des alternatives dont la vente de leur chaîne à des opérateurs privés. Nombreux sont ceux qui diraient que les « chaînes privées, se sont tirées une balle dans le pied à force de faire du dumping publicitaire ». Concessions, ainsi que tarifs préférentiels et irrationnels, d’ailleurs, minent le marché. Que dire des packs de 150 passages pub télé (spots) en Prime Time facturés à 300 000 DA, à peine, quand ceux-ci ne sont tout bonnement pas, facturés à 0 DA, histoire de meubler le programme de la chaine en simulant des annonces par de fausses pub. Pendant ce temps, sur la chaîne A3 de la télévision nationale un spot de 60 secondes en Prime Time coûte 225 000 dinars contre 101 250 dinars pour la même annonce passée sur Canal Algérie. Une simple page de pub couleur dans la presse papier est facturée entre 250 000 et 500 000 DA/jour en hors taxes. `L’inexistence d’une logique tarifaire qui prendrait en compte l’impact et la Médiamétrie, ainsi qu’une cohérence dans la démarche commerciale de ces chaînes télé aura finit par plonger tout un secteur dans une crise économique inédite. La situation alimente, d’ailleurs, le discours de ceux qui plaident pour l’instauration d’une loi sur la publicité avec ses avantages et ses travers. Ces derniers considèrent qu’un texte règlementaire du genre permettrait de rétablir le cours des choses et remettra un peu d’ordre dans un secteur laissé aux seuls désidératas du marché. Des questions qui peuvent pourtant être prises en charge dans le cadre des textes déjà en vigueur. N’oublions pas que le code du commerce, et les lois de la République interdisent toute forme de dumping. La loi fondamentale du pays condamne, d’ailleurs, la concurrence déloyale ; et un conseil national de la concurrence a été installé à cet effet. Le Fisc est aussi l’un des outils majeurs dont dispose la République pour veiller au strict respect de ses lois. Mais les médias sont un secteur aux nombreuses spécificités, me diriez-vous. Se pose dès lors la question de savoir pourquoi a-t-on laissé ces chaîne privées qui tirent l’essentiel de leurs ressources de notre pays, qui y dispose de l’essentiel de leur logistique, et qui ne dispose que de simples boites postales en offshore proliférer, dans des conditions de financements qui laisseraient plus d’un pantois, sans jamais être inquiétées. Aussi et bien que la loi sur l’audiovisuelle fut promulguée voilà déjà deux ans, aucune perspective de normalisation ne semble pointer à l’horizon. Serait ce que les textes de la Loi 14-04 relative à l’activité audiovisuelle promulguée le 24 février 2014 limite l’autorisation de l’exploitation des services audio-visuels aux seules chaînes thématiques ? Ou des textes d’applications qui tardent à voir le jour ? En attendant, les autorités jouent leur va-tout sur l’action de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV). Là encore, le rôle de la nouvelle entité fait débat. Quelles sont ses attributions, les limites de son champ d’action et d’autorité. Et là encore la démarche en la matière pèche par l’insuffisance des textes d’application de la loi sur l’audiovisuel. Que dire alors des cahiers des charges, qui devaient enfin mettre fin à l’anarchie, et qui pour l’heure sont à l’état de mouture pour ne pas dire embryonnaire. Après tout le conseil de l’Arav dont la première charge sera d’avaliser ou non ce cahier des charges n’est pas prêt d’être installé et attend toujours le décret d’application d’ensemble nommant le président et les membres. A.B.  

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